Asphyxié

30 janvier 2008

Tu vois ! Le monde se divise en deux catégories. Il y a le monde des gens Pipi et le monde des gens Mimi. Les Pipis ne sont pas bien, plutôt moches, pas agréables du tout. Les Pipis prolifèrent. Ils sont de plus en plus nombreux. C’est sans doute une génération spontanée.
Les gens Pipis ne font attention à rien. « Ne jetez plus ». Nous on s’en fout, on fait ce que l’on veut puisqu’on est des Pipis, on est libre. Et la démocratie alors ! Nous ne faisons rien de mal. L’innocent est coupable car il est capable du pire.
Les gens Mimis, c’est autre chose, c’est plutôt pas mal, bien même. En bonne logique à sa survie, le Mimi est un partisan du bon fonctionnement de l’écho système. Il est bien dans sa tête. Observateur, la critique facile, à l’aise dans ses baskets, il craint quand même pour lui et pour les autres aussi. Le Mimi a le mal de terre sur la plage maculée de sachets, de gobelets en matière plastic poussés vers le large par la houle innocente. Il est inquiet pour demain, de l’avenir de tous les petits Mimis nés après l’an 2000. Quand un Mimi et un Pipi se rencontre à la croisée du sentier, il y a de la gêne dans les regards, de l’incompréhension. La tension monte d’un cran et le malaise est palpable. Il y a de l’eau dans le gaz. Il suffirait de presque rien pour en venir aux mains.
Le gendarme ventripotent a toujours de l’indulgence envers le Pipi qui fait caca un peu partout. Mais il est intransigeant et sanctionne lourdement le Mimi qui cultive dans sa cour les fleurs du mal sans O.G.M. La plante doit être à la bonne hauteur prête à la cueillette grand matin à la belle saison chaude.
Il était une fois deux mondes sur la planète bleue. Le riche monde qui “en jette”. L’autre qui agonise. Qui suffoque du manque de tout. C’est du délire.

Gilles de la Ravine Blanche


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Témoignages - 82e année


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