Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
3 mai 2011

En présence du président de l’AMF (Association des maires de France - ndlr) s’est tenue l’Assemblée générale de l’AMDR (Association des maires du département de La Réunion - ndlr). L’occasion a été donnée aux élus présents d’exposer les problèmes que rencontrent les collectivités locales. Baisse des recettes, augmentation des dépenses et de l’endettement, diminution des capacités d’autofinancement et donc des dépenses d’investissement. Ces problèmes très techniques qui impactent le fonctionnement normal de nos collectivités ont été soulevés par les maires et leurs représentants.
Au vu de ces éléments, je pense qu’effectivement, nous devons réfléchir à un modèle réunionnais de développement. Parce que tout le monde l’aura compris : aujourd’hui, l’autonomie fiscale et budgétaire des collectivités est remise en cause. En plus des effets pervers de la crise structurelle et conjoncturelle, cette autonomie est fragilisée par le gel des dotations de l’État, d’une part, par le non-remboursement au Conseil général (principal partenaire des municipalités) de la dette au titre des transferts de compétences. Mais aussi par la mise en place de normes (européennes et françaises) de plus en plus contraignantes et nombreuses, sommant les maires d’aller dans le sens des priorités fixées par l’État et limitant par là leurs marges et leurs choix politiques, car mobilisant les moyens financiers pour les « mises aux normes » imposées.
Comment faire face quand on sait que le contexte social place les maires et les élus de terrains municipaux à portée de gifle d’une population légitimement revendicative qui souffre du manque de logement, de travail, de l’augmentation des prix ?
A mon sens, cette rencontre avec l’AMF n’a malheureusement pas permis d’aller plus loin quant aux réponses à apporter au sujet des marchés publics, de la LBU, de l’assainissement pluvial, des risques majeurs, de la jeunesse, du désenclavement,…
Dans les années prochaines, les enjeux seront pourtant nombreux : besoin en équipements, coût des mises aux normes, baisse des ressources, baisse de la fiscalité des ménages, menaces sur l’Octroi de mer, incertitudes sur les fonds structurels européens,…
Il me semble nécessaire d’imaginer un modèle de développement tenant compte de tous ces défis et de mettre en place les solidarités essentielles nous permettant de répondre aux défis futurs. Biens de singularités réunionnaises sont à prendre en compte : chômage et manque de logement, les facteurs de développement humain, l’éloignement, l’insularité et la vulnérabilité de notre île, les retards structurels, le vieillissement de la population,…
Mais peut-on aller au-delà sans trouver les moyens législatifs d’adaptation et de dérogation éventuelle ? Peut-on se satisfaire d’un immobilisme ? Les réformes de la fiscalité et territoriales (si elle se fait après 2012) et les dispositifs futurs issus de la loi des finances 2011 (fonds de péréquation) seront-ils suffisants pour pallier aux difficultés actuelles ?
A méditer…
Eric Fruteau
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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