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7 mai 2009

Le Comité Républicain d’action démocratique et sociale (CRADS) fut en 1945 un grand rassemblement à la fois progressiste et humaniste. La grande bourgeoisie exceptée, toutes les classes sociales y avaient adhéré. S’il avait duré plus longtemps, il aurait accéléré la transformation de notre pays dans tous les domaines, sociologique y compris. Deux chocs successifs ont brisé son élan. Le premier fut l’inscription de ses deux premiers députés au PCF, dont il est devenu une fédération. Ce fut sans doute nécessaire pour arracher la départementalisation. Le deuxième, le plus violent, a été le changement de ladite fédération en PCR, parti autonome et autonomiste. Si le Congrès que ce dernier tiendra le 8 mai devait se terminer par un retour au CRADS, ou quelque chose de semblable, les démocrates auraient matière à s’en réjouir. Pourquoi ?
Eh bien, parce que l’intégration politique, qui consiste à doter La Réunion d’autant de fédérations départementales qu’il y a de grands partis en France, s’est soldée par un échec. Le jeu des ambitions a vite fait de polluer le paysage politique, au point d’en faire un marécage, dont le Conseil général est le centre. La dernière élection à la Présidence dudit Conseil a mis la droite en lambeaux et a corrompu la Gauche.
« Cet individualisme infécond et qui tarit la source des vertus politiques » s’est emparé des élus de droite. Un combat fratricide et qui ne fera que des victimes a commencé et se poursuit. A gauche, ce n’est pas mieux. Tel élu ou candidat qui, directement ou par le vote de son parti, soutient le gouvernement au Conseil général tient sur le terrain des propos anti-Sarkozy d’une extrême violence. Discours qui sonne faux. Les électeurs déstabilisés s’en amusent amèrement, glosent et méprisent la classe politique. L’élite à qui incombe tout naturellement la conduite de la vie publique et la construction de l’avenir se refuse à aller patauger dans le marécage politique.
Les chefs des partis locaux n’ont plus de discours mobilisateurs, n’organisent plus de débats. En conséquence de quoi, ce sont les déclarations et les actions des leaders parisiens qui orientent l’opinion. Ce qui fait de l’investiture que ces derniers distribuent un sésame capable d’assurer l’élection de n’importe quel pipelet ou pipelette. Si dans les fédérations locales, les chefs complotent, fraudent, assassinent, pour être le premier, c’est à cause de l’investiture.
Le temps où l’avenir s’imaginait, se construisait à partir d’une idéologie abstraite est révolu. Que finisse aussi le temps des investitures parisiennes. Avoir un grand parti local qui soit un lieu de débats et d’accueil des démocrates sensés et responsables est une impérieuse nécessité. Seul un CRADS renouvelé peut en tenir lieu. S’il ne naît pas du Congrès du 8 mai, il ne verra jamais le jour et ce sera dommage pour La Réunion. Car il est l’outil sans lequel La Réunion de demain ne peut se construire.
Albert Ramassamy
Ancien Sénateur
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