Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
30 mars 2007

Le bal des tartufes est ouvert : les principaux candidats à l’élection présidentielle n’ont pas envie d’entrer dans le débat économique et social, car leur projet est le même, c’est la saine gestion du capitalisme. On ouvre alors de faux débats, dont le commun des mortels se fiche éperdument. A quoi bon disposer d’un drapeau bleu-blanc-rouge à la maison, quand, même si on la chance d’avoir un toit, il faut racler les fonds de tiroirs pour nourrir sa famille et vivre dans l’angoisse permanente de la précarité et du chômage ? Que la droite (la vraie) esquive le débat du social, c’est normal. Mais que la gauche (la fausse) nous entraîne dans le débat nauséabond du patriotisme peut laisser perplexe (pour ceux qui ont encore des illusions).
Camarades pseudo-socialistes, vous vous gargarisez du mot République, mais vous n’ignorez pas que votre République, c’est l’écrasement de la Commune de Paris, c’est l’assassinat des insurgés dans les tranchées en 1917, c’est la colonisation et les guerres coloniales, c’est le néo-colonialisme en Afrique aujourd’hui encore, c’est la troupe républicaine (bleue ou kaki) envoyée contre les travailleurs dès qu’ils se révoltent pour remettre en cause un ordre social injuste, dont vous êtes les garants. Votre République, ce n’est pas que ça, mais c’est aussi ça ! Dans ce contexte, l’exaltation des symboles de la Nation par Ségolène Royal, la fierté avec laquelle Gilbert Annette ose rappeler son passé “d’enfant de troupe” pour justifier sa dévotion à la Marseillaise témoignent d’un attachement certain à cet héritage. C’est un choix politique que je ne partage pas, et qui m’autorise à mépriser l’hymne national et le drapeau de votre république. Vous n’avez pas le monopole de la République !
« Je m’essuie la goutte d’urine sur le drapeau de mon pays / ce chiffon sur lequel se couchent les chiens / et qui ne représente rien à part trois couleurs / et un aigle qui provoquent en moi une nausée nationaliste », écrivait le poète mexicain Sergio Witz au sujet du drapeau de son pays. Oui, vraiment : beurk !
Sachez camarades pseudo-socialistes que je n’ai jamais voté pour vous. Mais que si jamais cette idée folle m’avait traversé l’esprit, vos pitreries nationalistes-patriotiques m’auraient convaincu que ce ne sera pas pour 2007.
Joël Grouffaud
Courrier des lecteurs
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