Bonne année tamoule

13 avril 2007

En ce jour du nouvel an tamoul et 125 ans après l’abolition de l’engagisme à La Réunion, où presque un tiers de la population est d’origine tamoule et dravidienne, c’est important de connaître l’héritage tamoul en Inde. Quand aux influences créatrices du génie tamoul, celui de la poésie et de la pensée tamoules et l’installation des royaumes dravidiens dans l’Inde du Sud, méritent une explication.
L’origine de la langue et de la littérature tamoules a été un sujet de grand débat. La tradition attribue la littérature tamoule la plus ancienne à trois académies (sangam) successives, qui se développèrent plusieurs années avant l’ère chrétienne. Les érudits modernes situent la plus ancienne œuvre tamoule, un traité de la grammaire connu sous le nom de “Tolkappiam” au premier siècle avant J. C. Cette œuvre traite non seulement de l’orthographe (eluthu” et de l’étymalogie (sol) mais aussi de la matière ou le thème littéraire (porul). On croit que l’auteur Tolkappiar a été l’un des douze disciples directs du sage légendaire Agastya qui voyagea vers le sud et s’y installa.
Le trait caractéristique de la poésie sangam est laique et humaniste. Kanniyam Punguyranar est un grand poète du sangam mais le plus grand poète après l’époque du sangam est Tirtuvalluvar au Vème siècle. Son “Kural” traite des trois buts de l’homme : l’éthique (aram) correspondant au “dharma” en sanscrit, la richesse et la politique (porul et artha) et l’amour (inbam ou Kama). Le quatrième objectif de l’homme qui est la délivrance spirituelle ou la réalisation du soi (veedu- n’est pas traité par Tiruvalluvar bien qu’il fut inclus dans la littérature tamoule).
Les deux épopées tamoules “Sillapadiharam” de Illango et “Manimehalai” de Sattanar appartenaient à la deuxième moitié du Vème siècle. Vers la fin du XII siècle, la vision de Kamben dans “Bardham” (le Ramayana tamoul) était universelle “Bardham” était influencée par l’esprit sangam de la jouissance pure esthétique, par l’esprit du Kural de l’éthique ennoblissante ainsi que par l’esprit de l’adoration dévouée (bhakti).

Les royaumes de l’Inde du sud

Une inscription d’Ashoka du IIIème siècle avant JC se réfère à Chola, à Pandya et à Chéra (la kerala moderne) les royaumes qui marquent la frontière sud de son empire. Avec leur capitale à Kanchi, les Pallavas dominaient jusqu’au IX siècle lorsqu’ils étaient succédés par les Cholas de Tanjore et les Pandyavas de Madurai. La postérité se souvient des Pallavas comme les bâtisseurs des temples magnifiques des rochers et des sculptures en relief à Mahabalipuram, au bord de la mer près de Chenai (Madras).
Les Cholas étaient des grands marins dont la puissance était étendue, dans plusieurs parties de l’Asie de l’Est. Leurs rapports commerciaux avec l’occident sont témoignés par l’évidence d’une station romaine de commerce à Arikamedu sur la côte tamoule, près de l’actuel Pondichéry. L’un des rois Cholas voulait proclamer le règne du sud en menant une armée à la vallée gangétique. Mais cela ne resta qu’une simple expédition. Cette expédition explique le nom de Gangai Kondacholapuram, une ville près de Kumbakonam, où les Cholas construisent plusieurs beaux temples.
Un autre monument de l’ère Cholas est le temple de Brihadisvara à Tanjore. Les Cholas développèrent un système efficace d’administration locale par l’intermédiaire des assemblées villageoises qui se réunissaient généralement dans les cours des temples et veillaient par l’intermédiaire de plusieurs comités à la direction des impôts locaux, de l’irrigation et de la sanimation. D’ailleurs, ils réglaient les disputes de terres.
Ses légendes relatives aux saints tamouls du mouvement thériste et dévotionnel étaient très connues. Parmi ceux qui étaient connus d’avoir converti des rois au “saivisme” par leur précepte et par l’exemple de leur vie dévouée sont Tirunavukkarasu (VIIème siècle), le roi Pallava, Mahendra Sarman, Ghanasambandhar (VIII siècle) à Madurai, le roi Pandyan et Manikyavachakar (VIII siècle).
Pour conclure, on peut dire qu’au niveau intellectuel, la restauration du onisme upanishadique fut réalisée par Sankara (788-820). Il est connu d’avoir gagné le débat philosophique et d’avoir établi des fondations pour enseigner l’“advaita” (non dualisme). Bien qu’il fût surtout un interprète de la voie de la connaissance (Jnana), Sankara a écrit également plusieurs hymnes de la dévotion passionnée (bhakti).
« Si les yeux ne sont qu’un œil
Ta connaissance doit être une seule
Comme un homme en communion
Avec une femme. C’est alors que
ta vie intérieure sera remplie d’illuminations comme le Seigneur de l’univers »

Nalla Varusha Pirrappu,
Nandri Vanakkam
Gady Moonesawmy (Saint-Denis), membre du groupe de dialogue, inter-religieux (GDIR)


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Témoignages - 82e année


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