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26 juin 2010

Dans temps « lontan », les facteurs avaient l’habitude de travailler au plus près de la population. Ils ont instauré ainsi une complicité et une convivialité exemplaires qui permettaient à la population d’avoir son courrier presqu’en mains propres, d’aider la population défavorisée — qui ne savait quelquefois ni lire ni écrire — à recevoir et à comprendre le contenu de son courrier. Nous pouvons, entre autres, citer comme exemple le facteur de Mafate, qui lisait et aidait à répondre au courrier, apportait une aide précieuse aux Mafatais et surtout faisait ses tournées à pied. Ces confrères distribuaient le courrier vers 9h30 lorsqu’ils étaient à moto, aujourd’hui, c’est au-delà de 12h30.
Mais voici que tout évolue. La modernité gagne du terrain.
Et, dernièrement, La Poste décide d’une nouvelle réglementation concernant la distribution du courrier. Elle sera faite en « véhicule 4 roues ». Et ainsi donc, les facteurs ne descendent plus de leur véhicule, n’empruntent plus les accès privés. La Poste demande à la population de déplacer sa boîte aux lettres, afin de faciliter la tâche des facteurs. Les agents donnent l’information au public et exigent que ces fameuses boîtes soient installées sur la voie principale — sinon il devra récupérer son courrier à la poste. Vu l’argumentation, chaque citoyen de nos villes et villages s’empresse d’obéir à la nouvelle loi.
La Poste nous demande de "bouger" avec elle. Excellente maxime ! Mais une question demanderait une réponse de sa part : « Avez-vous, MM les dirigeants de La Poste, pensé aux personnes handicapées, aux personnes âgées et seules, aux malades dans votre nouvelle réglementation ? ». J’ai l’impression que non.
Je vous raconte une petite histoire.
Je côtoie des personnes dans les cas ci-dessus cités. Et ces personnes, après avoir déplacé leur boîte aux lettres, ont fait une demande auprès du bureau de poste de leur secteur, afin de recevoir leur courrier comme anciennement. Voici la réponse de cette administration (lorsqu’elle vous honore d’une réponse) :
« Monsieur, Madame,
Dans votre courrier en date du (ici la date est précisée), vous me sollicitez afin que la distribution de votre courrier ordinaire s’effectue à votre domicile dans votre propriété privée.
Je ne peux donner une suite favorable à votre demande. En effet, la distribution se fait en véhicule 4 roues et nous devons emprunter une voie privée en sens unique pour accéder à votre domicile.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, Madame, l’expression de ma considération distinguée et espère vous compter toujours parmi nos plus fidèles clients.
Encadrant courrier »
Alors, Messieurs-Dames, les responsables de La Poste, est-ce cela "Bouger avec La Poste" ? « Mon œil » !
Josiane Tipaka
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