APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
di sak na pou di
28 août 2003

Il ne s’agit pas ici de faire un quelconque procès d’intention ni de suspecter qui que ce soit : Mme Girardin, la ministre de l’Outre-mer d’avoir eu une mauvaise intention et d’avoir ensuite reculé ; l’Association des maires, le Parti communiste et certaines associations d’avoir voulu "exploiter" la misère des autres et en tirer un quelconque profit ; ou encore certains élus de la majorité d’avoir joué les petits télégraphistes après s’être eux-mêmes affolés au point de douter de leur ministre et de leur gouvernement ; ni même certains pompiers de la dernière heure sortis de leur caserne à grand renfort de sirène… lorsque le feu était éteint.
Non ! Tout cela serait vain, inutile et stérile. Pire : ce ne serait même pas voir le bout du doigt qui montre la lune, et en tout cas, ce serait continuer à se battre pour des peccadilles. Et cela, alors que le coup passa si près qu’il serait grand temps de se calmer et de tenter de tirer les leçons de cette affaire des CES. Une affaire qui a -tout d’un coup et de manière éclatante - mis en évidence l’extrême fragilité de La Réunion, tant au plan économique que social, et même au plan politique.
On peut toujours, jonglant avec les chiffres et les raisonnements, affirmer et démontrer que l’économie réunionnaise est des plus performantes ; prétendre que si l’économie française l’était tout autant, la France connaîtrait le plein emploi : il a suffi d’un coup de cogne pour qu’aussitôt la panique s’empare de tout le monde. Par simple hypothèse, la ministre aurait confirmé une baisse des contrats attribués à La Réunion et, aussitôt, les charters ne désemplissaient plus !
Des services entiers - tant dans les municipalité que dans l’éducation et d’autres administrations - risquaient d’être paralysés ; les associations, dont de nombreuses si utiles à la vie de tous les jours de la cité, étaient menacées de panne sèche et de paralysie… La "cata" !
Fragilité mais également extrême dépendance, car il n’y a eu aucun cataclysme ici même : tout était au beau fixe des vacances tropicales ; aucune usine, aucune grande entreprise n’avait fermé ses portes jetant tout leur monde à la rue. Non, rien de tout cela ! il a suffi… d’un retard dans la communication… d’une mauvaise compréhension… d’une vague suspicion ! somme toute, de pas grand chose !
Au fond, il suffirait qu’un vague technocrate là-bas se trompe dans les lignes de son tableau, oublie d’envoyer un e-mail, ou encore, soit tout simplement pris d’une quelconque lubie… et ici, à La Réunion, c’est le "bog" !
Ajoutée à cela, l’impuissance des politiques, sans solution concrète sur place, se précipitant à Paris - physiquement pour certains, par téléphone, mails, télégramme et motions pour d’autres - tous suspendus à une décision, et du coup perdant un peu de leur crédit.
C’est là une situation qui est apparue clairement et qui mérite, au-delà de toute autre considération, que l’on s’y arrête un instant : est-ce là l’avenir de La Réunion du troisième millénaire, suspendue comme un pendu à la corde le reliant à son arbre-métropole ?
Il y a là, nécessité d’une autre réflexion économique, et par conséquent politique qui peut - soit dit en passant et afin de calmer certains fantasmes - s’inspirer, entre autres, du discours de… Madiana ou de Champ-Fleuri.
S’il est un autre point qui a été mis en évidence et de manière indéniable, c’est bien l’utilité de ces titulaires de CES ou CEC, comme ce fut le cas d’ailleurs pour les emplois-jeunes, et dont il faut tirer les conséquences.
Leur nombre tout d’abord : trois à quatre fois les effectifs du BTP, deux fois l’ensemble des effectifs de la fonction publique territoriale (y compris les non titulaires), une à deux fois les effectifs du commerce ou des services… et on pourrait ainsi continuer.
Par ailleurs, si les municipalités ne peuvent pas fonctionner sans eux, c’est que ces titulaires de CES jouent un rôle et remplissent une mission tout aussi importants que l’ensemble des autres personnels, y compris les élus eux-mêmes. Il en est de même dans les administrations, dans les autres collectivités et dans les associations.
Alors pourquoi traite-t-on ainsi ce personnel ? Pourquoi n’aurait-il pas droit à un autre statut, et à un meilleur traitement ? Et, en tout cas, comparables au statut et au traitement des autres personnels tout aussi utiles qu’eux au bon fonctionnement des services et, au-delà, de la cité. C’est là une question de logique, mais également de justice et d’éthique.
Les CES n’ont pas la maîtrise de leurs parcours, de leurs "carrière" ; ce sont les autres - élus, responsables administratifs, associatifs et autres - qui organisent leurs parcours et même leurs vies : six mois de contrat, sept mois d’indemnisation ASSEDIC, un peu de RMI et de nouveau un contrat pour recommencer le cycle, et cela pendant des années et des années… jusqu’à voir leurs propres enfants devenir à leur tour CES….
Lequel d’entre tous ceux qui organisent le "parcours" des CES - ou qui y assistent sans broncher - accepterait pour soi-même un tel parcours ?
Les titulaires de CES - et autres contrats précaires, y compris les non-titulaires des collectivités - seraient-ils à nos yeux une sorte de sous-humanité qui n’aurait, au fond, que ce qu’elle mérite ? Si ce n’est pas là de l’apartheid, cela y ressemble beaucoup.
Enfin, et en conséquence, cette affaire a montré, si cela était nécessaire, les limites de ce dispositif. Les personnes concernées, humainement parlant, ne peuvent se satisfaire d’une vie de CES. Mais La Réunion non plus. Toute la Réunion !
Certes, il faut le reconnaître, tout le monde s’est accommodé de ce système. L’État, en premier, mais également les élus, notamment les maires dans leur ensemble ; chacun y a trouvé son compte : paix civile à moindre coût, bon fonctionnement relatif des services, mais également et pour beaucoup "réserve pour safaris électoraux", pour reprendre le mot de François Mitterrand, alors député. La "majorité silencieuse" également, pas directement concernée et surtout assurée, elle aussi, d’une certaine "paix sociale" garantissant une certaine quiétude. Et cela a duré plus de trente ans : des "quinzaines de chômage" et chantiers dits de développement qui donnaient lieu à des débats épiques au Palais Rontaunay à l’époque et même après, aux TUC et autres TIC, pour finir par les CES, CEC et CEJ. Au fil du temps, le nombre des "bénéficiaires" n’a cessé d’augmenter, les sommes consacrées également et tout montre aujourd’hui qu’il faudra augmenter toujours plus… pour qu’au premier anicroche, tout bascule.
Il n’est pas interdit de penser que cela sera toujours possible, mais est-ce bien raisonnable ? L’expérience des décisions politiques de l’année écoulée - et même des précédentes - atteste que là également les limites sont probablement atteintes ; ceux qui verraient dans le couac de ces dernières semaines comme un coup de semonce ne se tromperaient pas tout à fait car - sans faire de procès à quiconque, mais connaissant les us et coutumes du pays - il n’est pas exclu que le fameux courrier qui a mis le feu aux poudres ait fait un tour par Paris avant de nous revenir.
Une chose, cependant est sûre : il est grand temps de rompre avec un mode de pensée qui, qu’on le veuille ou non, relève de l’assistanat. Bien plus d’ailleurs que le RMI ou les emplois "aidés" car, cela est bien connu, c’est par la tête que le poisson pourrit.
Il s’agit aujourd’hui, sur la base de cette expérience, d’envisager la rénovation du dispositif. Ce qu’a d’ailleurs proposé le CESR, sans grand succès il est vrai. Mais, c’était avant…
Georges-Marie Lépinay,
Saint-Paul
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Mézami mi rapèl lo tan nou téi koné fé gran-gran lopérassion : kissoi bann miltiplikassion plizyèr shif, kissoi bann divizion, kissoi mèm lo (…)
L’ouverture aux services de l’Accord de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne, les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles (…)
In kozman pou la rout
Communiqué officiel du 40e Conseil des ministres de la COI
Qui a dit que le peuple réunionnais était condamné à subir les schémas descendants de la mondialisation marchande et à n’être que le spectateur (…)
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture