C’est quand le bonheur ?!

17 janvier 2008

Le bonheur ne peut qu’être devant nous. Pour la simple et bonne raison qu’aujourd’hui, la situation humanitaire dans le monde est tellement catastrophique qu’il faudra encore y mettre de la mauvaise volonté pour aggraver le cas. Alors, du coup, pour oublier le fait d’être malheureux et savoir que l’avenir est prometteur de jours meilleurs, voilà qu’une bouffée d’optimiste m’envahi tout entier, ce qui me plonge dans un heureux bonheur. Le bonheur est toujours pour demain, et c’est tant mieux. L’inconvénient, nous sommes tous condamnés à manger de la vache enragée à perpète. Car demain est le jour que nous ne verrons jamais. Sauf pour les salopards qui profitent de la crise pour s’en mettre plein les poches. Ces énergumènes en col blanc et belles bagnoles seront montrés du doigt tout comme les arrivistes et les sans scrupules sans foi et bravant les lois en toute impunité qui ont fait fortune grâce au marché noir aux heures les plus sombres de la dernière guerre mondiale. L’honnêteté serait-elle la source du bonheur, en ces temps déboussolés où le bien et le mal n’ont plus de repère ?! Je n’en donnerai pas ma main à couper.
Ah ! Le bonheur ! Le bonheur ! Le bonheur. Ah ! lalalala ! Celui-là ! Bien souvent, il est là, à portée de la main. Au lieu de le saisir, eh bien non, on s’affaire à s’occuper de choses qu’il faudrait mieux laisser tomber. Et c’est comme ça qu’il file entre les doigts, comme une poignée de sable saisie à la hâte, lorsque l’on est appâté, aguiché par le beau couché de soleil. Mais le jour se lève avec la réalité des soucis au quotidien. Savoir si l’on est heureux est d’une banalité affligeante, c’est simple, c’est pas compliqué, c’est pas plus difficile que ça. Il suffit de regarder autour de soi. Les gens, les personnes, l’être humain en quelque sorte. Il faut bien le photographier, le scruter à la loupe. C’est fou ce que l’on peut déceler quand on y prête attention. Commençons par le visage. Les rictus, les grimasses, la bouche dédaigneuse, les rides et la clope. Le bruit du frein à main que l’on sert avec une énergie à soulever un 15 tonnes et la première qui craque. Cette faune bruyante qui ri, qui pleure pour les impôts et l’auto. C’est pas moi, c’est l’autre. C’est de sa faute ! Au gouvernement ! Mal aux pieds et au cœur. Le mal de mer sur la Terre. Quand je vois tout ça, je me dis que j’aurais bien tort de m’en faire et que je ne suis pas le plus mal loti. Si on m’avait dit que le bonheur était le malheur des autres, je ne l’aurais pas cru. Alors, ne change rien, continue comme ça ! Tu m’intéresses.

Gilles de la Ravine Blanche


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Messages

  • Bravo l’artiste
    J’étais tranquille, j’étais pénard, je n’étais pas accoudé au comptoir, j’avais fumé un p’tit pétard. Pour ne pas rater une miette du concert en plein air sur le front de mer à la Ravine Blanche.
    Au beau milieu du public de plus de dix milles fans endiablés. Moi, debout droit sur mes jambes les yeux rivés sur le devant de la scène éloignée d’une cinquantaine de mètres, décibels en technicolor. Le concert touche à sa fin ce sont les rappels. J’entends le chanteur mais ne le vois point parmi les musiciens à la guitare sulfureuse. Je connais la chanson par cœur. L’esprit vagabonde je plane. C’est bon et je le sais car j’ai subi l’épreuve. L’épreuve qui fait mal au point de vous faire détester l’humanité toute entière.
    Non ce n’est pas Higelin, ce n’est pas Renaud, ce n’est pas non plus les Rolling Stones, c’est lui. Un message pour me dire : Eh gus ce n’est pas là-bas que ça s’ passe, regarde derrière-toi ! Je sens une tape dans le creux des reins. Surpris, je tourne la tête, mais oui mais non c’est quoi ce chahut ? Ce n’est pas une illusion, c’est bien lui. Cali à deux pas, sueur et cheveux collés, protection rapprochée de trois pompiers, micro en main nos regards l’espace d’un instant c’est-à-dire une éternité s’entrechoquent juste le temps de chanter rien que pour moi ces quatre mots « C’est quand le bonheur ». Une minute plus tard il est porté aux nues par des admirateurs en délire, soulevé à bout de bras tel le nouveau libérateur d’une jeunesse à la recherche de justice, de li..ber..té.. Cali pour un monde meilleur c’est du bonheur.
    Gilles Bayet de la Ravine Blanche


Témoignages - 82e année


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