Café pointu dann goni pagot

4 novembre 2006

Suite aux questions sur la viabilité de la relance de la filière café suscitées dans la presse par le livre de Marc Rivière et l’opération de communication de l’A.P.C.B.P., des techniciens et administratifs travaillant sur le plan de relance du café nous ont contactés, Marc Rivière, Raymond Lucas, Michel Yves Hoarau et moi-même et nous ont invités à faire une visite de la chaîne de production du café.

N’étant pas décideur dans l’affaire, j’ai respecté les règles de la courtoisie en évitant d’adopter dans mes questions le ton et l’insistance de l’enquête. Mais si j’avais été élu régional, j’aurais demandé à assister à une journée de cueillette pour me rendre compte du rendement EXACT de baies mûres par cueilleur par jour. J’aurais demandé à ce que me soient communiquées les superficies plantées dans le cadre de l’expérimentation et, en quantité et coût, les DONNEES de l’investissement en produits phytosanitaires et enrichissement du sol. Et ensuite, en bon élève du cours moyen de mon temps, j’aurais fait mes propres calculs et je ne me serais pas privé de donner mes conclusions.

Quoi qu’il en soit, n’ayant pas eu de réponses précises et chiffrées aux questions que j’ai posées dans mon courrier “lanboulkidi & Co ?” et ayant trouvé très pertinentes les questions soulevées dans le courrier “Bourbon pointu et déconfiture réunionnaise” du “Quotidien” du 16/10/06, je me permets d’enfoncer le clou.
Sachant, à moins d’un démenti officiel, que l’opération de plantation, à Madagascar, de café qui sera commercialisé à partir de la Réunion, île considérée comme faisant partie de l’Europe, a été financée par des fonds européens,
Sachant que l’appellation “Bourbon pointu” existe déjà,
Sachant qu’en producteur averti l’A.P.C.B.P. a certainement pris la précaution de ne pas contrevenir à la législation,
Comment croire que l’Europe condamnera une pratique qui s’inscrit dans une logique libérale et mondialiste à laquelle elle adhère ?
Comment croire que l’amalgame ne sera pas préjudiciable à la filière locale ?
Comment croire qu’au moment du lancement du plan, les conseillers techniques des décideurs ignoraient tout de ce contexte ?
Et ce qui est plus important pour les planteurs qui se sont embarqués dans cette galère et pour le renom de notre café pointu, quelle parade trouver à ce goni pagot ?

Roger Théodora


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Témoignages - 82e année


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