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11 juinLa Réunion dans la mondialisation sans protection
17 février 2011

À La Réunion, il existe quatre Centres académiques de Lecture–Écriture. Par ordre de création : Le Brûlé, Entre–Deux, Saint-Leu, La Plaine des Palmistes. Je suis membre de l’association Lire– Dire–Écrire qui gère le CALE de l’Entre–Deux et anime des activités de lecture-écriture en direction des adultes. Je participe activement depuis 1999, avec une trentaine d’autres adhérents, à la vie de cette association. Lors de sa récente assemblée générale ordinaire, aucun membre n’a accepté de prendre, en 2011, des responsabilités dans la direction. Pourquoi ? Tout simplement parce que les adhérents demandent depuis des années que le Rectorat règle le problème du vide juridique concernant les CALE. Les adhérents ne veulent plus endosser les responsabilités financières et autres d’un tel établissement (plus ou moins 600 élèves accueillis par an, un budget annuel dépassant les 100.000 euros). Ils estiment que cette responsabilité incombe à l’institution rectorale ou nationale et ils souhaitent dégager du temps pour les activités de développement de la lecture – écriture qu’ils ont mises en place comme notamment une école des parents. Aujourd’hui, ils ne comprennent pas le mur de silence érigé par le Rectorat à leur encontre. Ils le reçoivent comme un mépris de l’activité bénévole. Ayant ouvert ce centre en 1997, je rajouterais que cette attitude me parvient comme une indifférence aux actions de développement de la lecture, une hypocrisie face à la prévention de l’illettrisme, une démarche de casse des outils que le Rectorat a lui-même créés. On peut donc s’inquiéter. Les faits parlent suffisamment. 2009 : gel du poste académique d’inspecteur lié au dossier CALE. 2010 : disparition du poste académique de coordination des CALE. 2011, menace de dissolution de l’association Lire–Dire–Écrire. Si la situation n’était pas grave, elle serait cocasse ! En cas de dissolution, la direction sortante est placée en situation de liquider elle-même le CALE de l’Entre–Deux, établissement dont elle n’est pas le concepteur et, cela, après l’avoir porté pendant 12 années… Les ex-responsables (j’en fait partie) deviendraient donc des « liquidateurs ». Alors que les responsables académiques s’en laveraient les mains et pourraient toucher des primes pour la libération de trois postes d’enseignants. Situation complètement surréaliste ! Heureusement les adhérents, tous passionnés par la lecture–écriture et le patrimoine culturel, savent pourquoi ils agissent bénévolement et ne sont pas désespérés. Ce courrier du lecteur est un appel lancé aux décideurs, concepteurs, financeurs, appel à réagir vite pour sortir de cette impasse le Centre de Lecture–Écriture de l’Entre–Deux. C’est aussi un cri du cœur lancé vers celles et ceux qui partagent cette idée d’égalité devant le droit au savoir lire pour chacun, ici, comme ailleurs dans le monde. Merci d’avoir lu jusqu’au bout cette participation à la réflexion citoyenne. Merci de l’avoir publiée.
Hélène Navarro
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