Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
17 avril 2003

Plus de 20.000 personnes dans la rue ! Du jamais vu à La Réunion pour dire non au transfert des TOS. Pour dire non aux attaques contre le service public, via la décentralisation et aux attaques contre le régime de retraite par répartition.
Ces 20.000 personnes, M. Virapoullé, ne sont pas des analphabètes. Elles ne le sont pas justement du fait que dans leur grande majorité elles ont pu bénéficier de cette grande conquête sociale : un grand service public, l’École laïque.
Ces 20.000 personnes, savent lire et réfléchir. Elles ont, pour la plupart d’entre elles, pris connaissance du rapport du Conseil d’État qui dans un souci de « meilleure gestion de la fonction publique » démontre que le passage d’une partie des fonctionnaires du régime de droit commun vers le droit privé serait une solution pour donner à la fonction publique une « efficacité accrue ».
En fait, tous les fonctionnaires seraient concernés sauf ceux exerçant les fonctions régaliennes de l’État : militaires, magistrats, forces de police et agents de l’administration pénitentiaire. Ces personnes n’ignorent pas, pour la plupart, que les gouvernements - quelle que soit leur couleur politique - sont liés à un accord passé avec l’Organisation Mondiale du Commerce, qui stipule que tous les services publics sont « libéralisables » ; en clair : privatisables à très court terme.
Ces personnes, M. Virapoullé, savent compter. Elles savent qu’aujourd’hui le gouvernement et le patronat veulent imposer d’importants sacrifices aux salariés, actifs, chômeurs et retraités. Que leurs objectifs se résument à :
• faire travailler les salariés du public et du privé plus longtemps, c’est à dire 40 ans pour tous dans un premier temps, avant de passer à 42 ans voire à 45 ans ;
• diminuer le niveau des retraites ;
• diminuer le coût global des retraites et des pensions ;
• faire supporter la charge financière et le risque aux salariés ;
• instaurer les fonds de pension.
Pour un grand nombre de ces 20.000 personnes, ce dossier "retraite" relève d’un choix de société qui pose prioritairement la question de la répartition des richesses produites, c’est à dire la nécessité de redistribuer plus au travail qu’au capital, à l’inverse de la tendance en cours depuis 20 ans.
Ce sont ces raisons là, M. Virapoullé, qui ont poussé plus de 20.000 personnes dans la rue. Ce sont ces raisons là qui les poussent à poursuivre leurs actions afin qu’elles ne puissent se généraliser à toute la fonction publique et afin que tous ensemble, salariés du public, du privé, chômeurs et retraités défendions dans l’unité avec les organisations syndicales les valeurs républicaines de solidarité et d’égalité que sont les retraites par répartition et l’existence des services publics.
Nos peines
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