Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
10 juin 2010

Lorsque l’équipe de France de football apparaît, le chikungunya disparaît ! Telle est la conclusion que l’on pourrait tirer à l’occasion de la venue des bleus à l’île de La Réunion.
Jeudi 3 juin en effet, je balaye la presse locale en fin de journée pour m’informer de l’évolution du nombre de cas de chikungunya dans l’île. Depuis l’apparition des premiers cas en mars 2010, les journaux locaux relayent régulièrement le bulletin épidémiologique diffusé par les autorités sanitaires locales. Sur www.chikungunya.net, nous suivons l’actualité de ce virus à La Réunion et dans le monde entier depuis le 8 janvier 2006, date de la création du site.
Mais ce jeudi la, aucune information n’est publiée dans les journaux locaux, le lendemain non plus. La venue historique de l’équipe de France de football accaparant l’attention des médias locaux, cet "oubli", dans un premier temps, ne m’étonne guère. Je décide donc de me rabattre sur le site de l’INVS qui a pour habitude de mettre en ligne l’intégralité du bulletin épidémiologique de la CIRE le vendredi.
Quelle ne fut pas ma surprise en voyant le "Point de situation au 04/06/2010" pointer sur le bulletin du 27 mai. En clair, l’épidémie de chikungunya qui sévissait principalement dans l’ouest de l’île s’était arrêtée une semaine avant l’arrivée des bleus. Non seulement aucun nouveau cas n’était enregistré, mais les 76 autres confirmés depuis le 17 mars 2010 avaient, comme par magie disparu. Un vrai miracle dû à la présence des bleus qui devraient revenir plus souvent dans l’île pour la nettoyer de sa saleté, ses moustiques et son chikungunya !
Dans une circulaire de 58 pages en date du 17 mai 2010, le ministère de la Santé mettait en œuvre un "plan anti-dissémination du chikungunya et de la dengue en métropole", suite aux 25 cas de dengue et de chikungunya importés dans le sud du pays.
Le 28 mai 2010, l’INVS publiait un document de 8 pages sur les risques sanitaires associés à la coupe du monde en Afrique du sud.
Contrairement à ces deux organismes de santé nationaux qui jouent la carte de la transparence envers la population, le 3 juin 2010, la CIRE Réunion de son côté applique la politique de l’autruche. Elle interrompt toutes publications sur les cas de chikungunya enregistrés dans l’île, pour probablement les reprendre une semaine plus tard, au lendemain du départ de l’équipe de France.
En janvier 2006 à la veille de l’arrivée des vacanciers scolaires métropolitains, la responsable du CTR de l’époque disait qu’il fallait "verrouiller toute communication sur le chikungunya". Quatre ans après, à la veille de l’arrivée de l’équipe de France de football, l’histoire se répète.
Jean-Hugues Mausy
Président de l’AVEC (Association des victimes de l’épidémie de chikungunya)
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
In kozman pou la rout
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