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Choose France : des bassins de Versailles au Neptune indo- pacifique

mercredi 21 juin 2023, par Kevin Lognoné


Le verre représente une matière transparente, à la fois forte et fragile, que les arts verriers ont su métamorphoser en intelligence collective dans la galerie des glaces de Versailles. En stimulant les transparences, le verre déjoue les écueils de gouvernance et peut-être aussi l’effet « poudre aux yeux » de l’Elysée et de Business France.


Si les Nations Unies ont instauré l’année passée une année internationale du verre, les participants du sommet Choose France ont-ils regardé en arrière le miroir du rapport sénatorial déposé le 5 juillet 2006 : L’agence française pour les investissements internationaux (AFII), pour quoi faire ?

A cette époque, les sénateurs français qui avaient visité le bureau de Tokyo en arrivaient à la conclusion que le mode de fonctionnement global de l’AFII soulevait d’importantes questions. En réalité, c’est une chose d’être attractif mais c’en est une autre de concrétiser cette attraction pour faire en sorte que l’investissement et l’innovation arrivent de manière effective à se conjuguer avec les grands enjeux technologiques et créatifs de nos territoires.

Pourtant issu d’une vieille famille d’Amiens, terre de Jules Verne, Emmanuel Macron ne fait jamais référence à une devise vernienne de la ville de naissance du célèbre écrivain : Neptune sourit toujours aux audacieux. En latin : "Favet Neptunus Eunti".

Au fond, plutôt que de vouloir catalyser des effets d’annonce comme des éphémérides, ne faudrait-il pas plutôt retravailler sur des projets en attente ou à l’état de sommeil et qui nécessiteraient une impulsion forte de toutes les meilleures volontés pour les relancer ?

Seasteading Institute (Silicon Valley), fondation financée par Peter Thiel, fondateur de Paypal et pilier de Facebook, promeut le développement de l’humanité sur les océans. En 2017, cette fondation a signé un MoU (Memorandum of Understanding) pour le déploiement d’une île artificielle flottante en Polynésie française. Un modèle qui pourrait se dupliquer avec d’autres îles stratégiques de l’Indo-pacifique, du Saint-Malo des Indes à la baie de Nouméa, et même jusqu’au 5eme district des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) ?

« Le Seasteading Institute et le gouvernement de la Polynésie française s’inspireront des meilleures pratiques de plus de 4000 zones économiques spéciales existantes dans le monde pour créer une "zone maritime économique spéciale"  » avait déclaré en 2017 Randoph Hencken, directeur exécutif du Seasteading Institute. « La SeaZone combinera les avantages de la situation géopolitique de la Polynésie française avec des opportunités réglementaires uniques spécialement conçues pour attirer les entreprises et les investisseurs. »

Les investisseurs de Seasteading autofinanceront les études initiales et la construction des îles flottantes. Le projet pilote devrait coûter entre 10 et 50 millions de dollars américains. « Nos plateformes modulaires durables sont conçues par la société d’ingénierie néerlandaise Blue21, qui a mis en valeur son ingéniosité en matière d’ingénierie avec le célèbre pavillon flottant à Rotterdam » avait ajouté Joe Quirk, co-auteur avec Patri Friedman du livre Seasteading : How Ocean Cities Will Change the World.

« Après de longues années de travail de la part de notre équipe et de notre réseau mondial de défenseurs, je suis extrêmement enthousiaste à l’idée de travailler avec la Polynésie française, qui, en tant qu’archipel, est particulièrement adaptée à la préservation de la mer » avait ensuite complété Patri Friedman, fondateur et président du Conseil d’administration de l’Institut Seasteading.

« Nous sommes également heureux d’accueillir le conseiller spécial du président, Thierry Nhunfat », avait précisé Randoph Hencken. « Thierry Nhunfat a travaillé avec nous à chaque étape du processus. Nous avons également le plaisir d’accueillir Michel Monvoisin, PDG d’Air Tahiti Nui, avec qui nous ouvrons des discussions sur la possibilité d’un vol direct San Francisco-Tahiti  ».

Homme d’affaires et ancien ministre du Tourisme de la Polynésie française, Marc Collins fut enthousiasmé par la vision du Seasteading Institute. « La culture polynésienne a une longue histoire de navigation à travers l’océan Pacifique qui contribuera à ce projet ambitieux. Plus que la plupart des nations, nos îles sont touchées par l’élévation du niveau de la mer, et des îles flottantes résilientes pourraient être une solution tangible pour nous de maintenir nos populations ancrées sur leurs îles. Pour de nombreux Polynésiens, quitter nos îles n’est pas une option. Blue Frontiers créera de nouveaux emplois dans les technologies propres et l’économie bleue qui attireront à la fois les investissements internationaux et locaux. Nous devons créer de nouveaux emplois dans les technologies propres et l’économie bleue pour nos jeunes, et ce projet a le potentiel de changer la donne au niveau local. Ce projet pourrait nous aider à conserver nos esprits brillants, qui autrement émigreraient pour travailler. » Remercions tous nos amis tahitiens qui ont parcouru un si long chemin pour montrer leur soutien à ce partenariat.

Au prochain sommet Business France, dans la galerie des glaces du château de Versailles, regardons autrement le bassin de Neptune. "Favet Neptunus Eunti" (en latin, Neptune sourit toujours aux audacieux).

Kevin LOGNONÉ


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