Claustrophobie et tram-train

29 mars 2007

Pour donner quelques informations complémentaires à Jean-Paul Ramassamy, qui compare les amoureux de la nature et des sites de leur île à « des terroristes » sic. (Alors qu’ils ne sont que des “marroneurs” qui luttent pacifiquement pour la liberté et la vie de notre planète).
Rappelons que la claustrophobie n’est pas une maladie tropicale émergente comme le chikungunya et que cette phobie de l’espace est largement partagée de par le monde.
Paris, “la ville lumière”, a un réseau métropolitain sous-terrain efficace depuis des décennies, et il eut été un gâchis de sacrifier le Jardin de Luxembourg ou le Jardin des Plantes pour y faire passer dessus le métro, n’en déplaise à la Députée européenne, qui d’après vos déclarations, ne prend pas le TGV Paris/Londres quand elle va sur l’Angleterre (il existe aussi la claustrophobie de l’avion, mais pour celle-ci, personne ne s’en plaint).
Avec tous les sacrifices que La Possession a été obligé de consentir à l’intérêt général, il serait juste et naturel qu’elle bénéficie enfin d’une compensation et non d’une nouvelle amputation pour l’agression de son poumon vert qui va jusqu’à la Grande Chaloupe. Des tunnels se sont faits dans le monde entier, nos anciens, avec le bon sens qui les caractérisaient, le firent, voilà le siècle dernier et quelques années pour le petit train dont ils conservent un souvenir nostalgique.
Cela, de surcroît, éviterait le sacrifice et gaspillage du foncier, si rare sur notre île dont la démographie pose déjà un problème qui, dans les prochaines années, ira croissant.
Quant à la préservation des plantes endémiques, nous ne croyons plus les technocrates qui ont tendance à tout mettre en boîte ou en musée. Lors de la construction de la route dite des Tamarins, un Ami des Plantes et de la Nature leur avait demandé d’éviter de couper toute une parcelle de bois rares et précieux qui n’étaient pas sur le trajet de la route, mais à côté. Ils dirent évidemment “oui”, car le créole sait que dans le “oui” n’a point bataille, mais ils firent “non”.
Entre les “mesures incomparables” écrites sur le papier que vous citez et la réalité du terrain qui n’est pas extensible, nous savons tous qu’il y a un décalage, voire souvent une béance qu’on ne peut par la suite combler.
D’où une réaction de citoyens constructifs que partage un grand nombre de Réunionnais... la vigilance.

Christian Vittori


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus