Colin Powell : « j’ai menti »

19 octobre 2021, par Ary Yée-Chong-Tchi-Kan

Colin Powell, alors chef de la diplomatie US, en train de mentir à la tribune du Conseil de sécurité de l’ONU.

La mort de Colin Powell à 84 ans l’a libéré d’un remord : le bombardement de l’Irak, en 2003. Il était chargé de présenter à l’ONU la preuve que l’Irak possédait l’arme chimique, de destruction massive. Au lendemain de cette démonstration, l’Irak a été bombardé, le pays détruit et le peuple meurtri. Son dirigeant est sorti de sa cachette et pendu.

Dix ans plus tard, en voyage en France pour présenter l’édition française de son livre « j’ai eu de chance », Colin Powell rappela ce qui restera comme une tâche sur sa belle carrière. « J’ai été trompé par la CIA », « j’ai menti ». Il est venu se confesser en France, le pays qui s’était opposé à cette tuerie. Il s’agit d’un crime de guerre, aggravé par un mensonge.

Devant ce témoignage exceptionnel, la France aurait pu poursuivre l’intéressé et son pays pour crime contre l’humanité. Elle ne l’a pas fait. Les organisations de défense des droits de l’homme non plus. Ils étaient trop occupés par l’invasion de la Libye, la destruction d’un État et l’assassinat de ses dirigeants politiques.

Cependant, la notion de crimes contre l’humanité a été définie, en 1945, au tribunal de Nuremberg. Chargé de juger les dirigeants nazis, le tribunal a qualifié ces crimes d’imprescriptibles. C’est sur cette notion intemporelle que la France a été contrainte de reconnaître que l’esclavage est un crime contre l’humanité.

Colin Powell est mort mais il a laissé un témoignage essentiel, largement suffisant, pour faire condamner la CIA et les États Unis pour crime de guerre. Il a dit avoir demandé des comptes à la CIA mais celle-ci se réfugie dans le silence. Au nom de l’humanité, il faut faire éclater la vérité.

Ary Yee Chong Tchi Kan

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