Di sak na pou di

Colonisation : la troisième voie

Courrier des lecteurs de Témoignages / 20 février 2017

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Au-delà des jugements péremptoires pour ou contre la colonisation, il existe une autre façon de considérer ce problème. En effet, doit-on obligatoirement, comme François Fillon et Emmanuel Macron opté pour un dualisme qui départage ou cesser de s’appesantir sur le passé, et enfin envisager l’avenir ? Entre les « sanglots de l’homme blanc » (Pascal Bruckner) et la prosternation devant la civilisation européenne qui a apporté les écoles, les routes, et les hôpitaux, que deviennent les colonisés ?

Si on lit les auteurs qui se sont exprimés sur cette problématique, un constat revient : la nécessaire décolonisation mentale et psychologique. Cheik Anta Diop (« Civilisation ou Barbarie »), Aimé Cesaire (« Discours sur le colonialisme »), Albert Memmi (« Portrait du Colonisé »), Frantz Fanon (« Peaux noires, masques blancs »), et beaucoup d’autres, amènent à prendre conscience de la richesse des cultures qui furent reléguées à un rang inférieur et à se défaire de cette pensée binaire et dichotomique qui sépare, divise et fragmente : noir/blanc, bien/mal, positif/négatif, etc.

La construction intellectuelle qui oppose est devenue insuffisante pour envisager les défis du monde actuel. Bien sur, tous les faits historiques possèdent leurs parts d’interprétations, mais doit-on systématiquement entrer dans des logiques d’affrontement ? Pourquoi ne pas proposer que les civilisations concernant l’histoire de toutes les composantes culturelles soient étudiées à l’école, ce qui éviterait des amalgames et des dérives regrettables touchant le vécu de millions de citoyens. Dans tous les cas de figure, evitons d’abonder dans le manichéisme facile.

Radjah Veloupoulé