Di sak na pou di

Comment accompagner nos “vieux” ?

Courrier des lecteurs de Témoignages / 22 octobre 2018

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Notre expérience auprès des personnes âgées nous enseigne les recommandations suivantes :

- aller les visiter fréquemment, ne serait ce qu’une ou 2 fois/semaine… A défaut, si vous êtes loin, 2 ou 3 appels téléphoniques par semaine. Ils se sont occupés de vous durant des décennies quand vous étiez jeune, à votre tour de vous en occuper… ce n’est que justice !

- prévoyez et aménagez une chambre chez vous pour le jour où ils ne pourront plus rester seuls chez eux. Vous leur devez bien çà !

- à défaut, prévoyez chez elle-si elle dispose d’une chambre libre - d’y installer une « dame de compagnie » pour le soir et la nuit. Celà lui évitera la déprime (46 % de nos “vieux” selon une enquête récente auprès de 800 gramounes réunionnais) et réduira les risques de chûtes et d’agressions…notre association s’occupe de rechercher pour vous une dame de compagnie (0262 582 581)

- retardez au maximum leur entrée en établissement spécialisé (famille d’accueil, maison de retraite ou GHER)
Non seulement la plupart désirent rester en famille ou chez elles le plus possible, mais le tarif pour le gramoune et pour vous (si sa retraite ne suffit pas) s’élève à 1200 €/mois (famille d’accueil) ou de 2000 à 7000 €/mois (maison de retraite) avec une espérance de vie selon les enquêtes d’environ 2 à 3 ans…

- Soyez à leur écoute, apportez leur votre compassion. S’ils rabâchent toujours la même histoire, dîtes leur avec douceur et votre plus beau sourire que vous la connaissez en détail et seriez capable de lui raconter… Réorientez la discussion sur des sujets plaisants, des boutades qui l’amusent. Parlez leur de ce qu’ils aiment !

- s’ils ne souhaitent pas parler ou sont très dépendants, prenez leur la main, serrez les dans vos bras, embrassez les, cajolez les… La tendresse, la compassion et le sens du TOUCHER constituent les derniers ressentis par nos gramounes avant de s’éteindre.

- s’ils veulent la mort, dédramatisez ce passage, en les informant que ce n’est pas en votre pouvoir de la leur donner mais que vous serez là près d’eux pour les accompagner jusqu’à ce que la mort vous sépare. Ceux qui ne croient en rien, pourront se voir rassérénés si vous leur dites que la mort ressemble à un sommeil durable. Souffre-t-on pendant le sommeil ?

Patrice Louaisel
Psychologue,
Président de « Gramounes isolés »