Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
16 février 2009

Peu de lecteurs ont sans doute eu connaissance du communiqué de presse du 31/01/2009 de notre délégué interministériel pour l’Égalité des chances des Français d’Outre-mer. Comme d’autres, sans doute, permettez–moi de vous faire part du point de vue suivant.
Sur un ton résigné, sans la moindre ironie, il arrive souvent d’entendre l’expression suivante : « Il faut de tout pour faire un monde ! ». Soit !
Mais, hélas, il existe encore des gens sourds aux progrès des sciences. Passéistes dans leur suffisance intellectuelle, financière, que sais-je encore…, et pouvant parfois constituer un véritable danger aux commandes d’un pouvoir influent, ils se permettent, de surcroît, de porter un jugement de valeur sur les autres ! Ils s’imaginent probablement porteurs de gènes sains (en préservant la race), d’une pureté originelle telle qu’ils s’affichent, sans rire, en contraste avec le reste des humains. Ségrégation ? Racisme ? Exclusion ? Colonialisme ? Sélection ?
Puisqu’il en est ainsi, pourquoi donc restent-ils sous l’empire de nos lois, car la France assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ?
En effet, notre Histoire nous a pourtant appris que des Barbares, des Germains, des Wisigoths (dans le Midi), des Burgondes (dans l’Est)… etc… ont formé ce que nous appelons de nos jours une nation. Notre nation, c’est-à-dire, selon la définition de Renan, « une grande solidarité constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore ».
Ceux-là qui veulent “préserver la race” s’inspirent sans doute, pour partie, de Jules Ferry insistant : « Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ». (Discours devant la Chambre des députés, 29 juillet 1885).
Quel retard ! Quel égoïsme ! Quel paradoxe ! Mais regardez donc, par exemple, ces files d’hommes et de femmes attendant leur tour pour donner un peu de leur sang ! Geste qui vous sauvera peut-être un jour ! Qu’en savons-nous ? Et le don d’organes ?
Il est quand même attristant de constater que d’aucuns donnent encore le spectacle d’une petite société repliée sur elle-même qui passe une partie de son temps à attendre des autres qu’ils réparent…
Les Réunionnais, quant à eux, Dieu merci, quoi qu’on en dise, sont conscients que des préjugés tenaces sont encore bien présents dans les esprits et qu’il faut les extirper de notre “vivre ensemble” par l’enrichissement mutuel. Ils considèrent comme insupportables toutes les formes grossières, ou intelligentes, subtiles d’une “culture” anachronique dangereuse...
Pas de paix véritable sans décolonisation des pensées, des attitudes, des mots, des allusions, des silences, car l’humanité en marche est au brassage. Ainsi, les familles métissées portent déjà la majorité de demain à travers une seule race : celle de l’espèce humaine…
Joseph Mondon,
Les Avirons
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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