Di sak na pou di

Comment devient-on influençable ?

Julie Pontalba / 6 août 2016

Ce sujet est une première pierre pour tenter d’élucider le phénomène de radicalisation pathologique. Influençable, on l’est dès notre conception ! Nous sommes la résultante de deux codes génétiques qui se combinent selon une réalité complexe (ou une logique darwinienne ?) qui n’est toujours pas scientifiquement élucidée et une logique sociale et économique et donc culturelle qui s’impriment au plus profond de nos êtres sans que nous en soyons conscients. Ce qui faisait dire à Henri Laborit : « nous sommes que les autres… ». On sait qu’un enfant dont ses parents qui auront eu l’habitude d’agrémenter leurs plats avec des piments aura une prédisposition à accepter l’agressivité chimique des piments. Ou encore, un petit marseillais dont ses parents auront été accoutumés à l’aïoli, ou à la bouillabaisse aura une évidente attirance pour les saveurs de ces plats…

Le psychologue Roger Lécuyer qui se qualifie de « rat de laboratoire » poursuit actuellement son travail d’exploration du développement du bébé en postulant que le bébé porte en lui dès sa vie fœtale les habitudes de vie de sa mère. L’étude de la sensorialité du fœtus s’apparenterait à une éponge absorbante, mais sans pour autant être « tabula rasa ».

C’est un « rat des villes » qui s’exprime ici, sans qu’il omette l’époque où il fut un rat des champs. Et c’est cette expérience première, champêtre, et bénéfiquement acculturante, en Algérie, par rapport au monde urbain qui fut le mien après quelques années de vie en province, puis dans la campagne toulousaine et enfin après mes études universitaires à Paris qui m’auront fourni les assises expérientielles pour mes observations comparatives des différents mode de vie liés à ces périodes.

En Algérie, je fus éduqué par mes parents et une « Fatma » de culture musulmane, qui fut pour moi un refuge, une sécurité… et qui me procura un complément d’affection qui m’aura rapproché de la sphère de l’autre « l’étranger » ou « le différent », si bien que les différences de religion et de coutumes ne m’effrayent pas.

Concernant les découvertes des diasporas et du génocide juif, armé de cette humanité évoquée plus haut, je souffrais en silence de ce mal que les Nazis et certains de nos compatriotes auront commis.

Ce qui semble être à la racine de cette peur de l’autre, du racisme et de toutes formes de xénophobie, sexuelle, sexiste,… me semble être notamment le clivage des cultures, heureusement moindre à La Réunion et d’une éducation de l’enfant qui ne sollicite pas son intelligence organique (innée) qui ne demande qu’à comprendre.

Le dialogue interreligieux déjà présent et actif à la Réunion devrait avoir une place et un rôle déterminant dans ce manque d’ouverture vers l’autre. Nous pensons aussi à certains de nos collègues psychologues qui pourraient conjointement nourrir une réflexion et des débats et valoriser de bonnes lectures en popularisant la démarche qui ferait appel à l’intelligence du peuple.

Frédéric Paulus
Saint-Denis



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Messages






  • Voir ci-dessous commentaires de F. MAUGIS entre 2 lignes :
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    Influençable, etc.
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    Di sak na pou di - Réponse du 23/09/2019.

    Comment devient-on influençable ?

    Ce sujet est une première pierre pour tenter d’élucider le phénomène de radicalisation pathologique. Influençable, on l’est dès notre conception !
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    Influençable ? Je dirais plutôt que le bébé ou l’être en devenir reçoit, en plus de certaines caractéristiques physiques de son père et de sa mère, un certain nombre « d’émotions » positives ou négatives, constructives ou destructives de son futur développement et épanouissement.
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    Nous sommes la résultante de deux codes génétiques qui se combinent selon une réalité complexe (ou une logique darwinienne ?) qui n’est toujours pas scientifiquement élucidée et une logique sociale et économique et donc culturelle qui s’impriment au plus profond de nos êtres sans que nous en soyons conscients. Ce qui faisait dire à Henri Laborit : « nous sommes que les autres… ». On sait qu’un enfant dont ses parents qui auront eu l’habitude d’agrémenter leurs plats avec des piments aura une prédisposition à accepter l’agressivité chimique des piments. Ou encore, un petit marseillais dont ses parents auront été accoutumés à l’aïoli, ou à la bouillabaisse aura une évidente attirance pour les saveurs de ces plats…
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    Le bébé marseillais devient évidemment très rapidement un marseillais, de la même façon, un enfant vivant dans la forêt, devient un enfant loup. Mais, le petit marseillais plongé très jeune dans la forêt, deviendra, lui aussi un enfant loup. De la même manière, si le très jeune enfant perdu dans la forêt est rapidement réintégré dans une famille marseillaise, il deviendra un marseillais. Tout est une question de temps.
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    Le psychologue Roger Lécuyer qui se qualifie de « rat de laboratoire » poursuit actuellement son travail d’exploration du développement du bébé en postulant que le bébé porte en lui dès sa vie fœtale les habitudes de vie de sa mère. L’étude de la sensorialité du fœtus s’apparenterait à une éponge absorbante, mais sans pour autant être « tabula rasa ».
    C’est un « rat des villes » qui s’exprime ici, sans qu’il omette l’époque où il fut un rat des champs. Et c’est cette expérience première, champêtre, et bénéfiquement acculturante, en Algérie, par rapport au monde urbain qui fut le mien après quelques années de vie en province, puis dans la campagne toulousaine et enfin après mes études universitaires à Paris qui m’auront fourni les assises expérientielles pour mes observations comparatives des différents mode de vie liés à ces périodes.
    En Algérie, je fus éduqué par mes parents et une « Fatma » de culture musulmane, qui fut pour moi un refuge, une sécurité… et qui me procura un complément d’affection qui m’aura rapproché de la sphère de l’autre « l’étranger » ou « le différent », si bien que les différences de religion et de coutumes ne m’effrayent pas.
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    Vous démontrez ainsi l’importance du milieu dans la construction de l’être mais guère celle de l’inné.
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    Concernant les découvertes des diasporas et du génocide juif, armé de cette humanité évoquée plus haut, je souffrais en silence de ce mal que les Nazis et certains de nos compatriotes auront commis.
    Ce qui semble être à la racine de cette peur de l’autre, du racisme et de toutes formes de xénophobie, sexuelle, sexiste,… me semble être notamment le clivage des cultures, heureusement moindre à La Réunion et d’une éducation de l’enfant qui ne sollicite pas son intelligence organique (innée) qui ne demande qu’à comprendre.
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    La peur de l’autre est encore autre chose. Elle relève, la plupart du temps d’un manque de confiance en soi, elle-même provoquée par une carence affective et un milieu peu favorable à la valorisation de l’être. Il y a même des familles où l’enfant est constamment rabaissé par des adultes qui abusent de leur pouvoir.
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    Le dialogue interreligieux déjà présent et actif à la Réunion devrait avoir une place et un rôle déterminant dans ce manque d’ouverture vers l’autre. Nous pensons aussi à certains de nos collègues psychologues qui pourraient conjointement nourrir une réflexion et des débats et valoriser de bonnes lectures en popularisant la démarche qui ferait appel à l’intelligence du peuple.
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    Il ne faut pas tout mélanger. La confiance en soi et l’ouverture vers l’autre sont deux dispositions quasi indépendantes, même si la confiance en soi permet, plus facilement de s’ouvrir à l’autre.
    Quand ’au dialogue inter-religieux, il ne faut pas rêver. Il est forcément limité à la tolérance et au respect de l’autre, au respect de la différence. Pour l’ouverture vers l’autre, c’est autre chose. Il n’est pas dans la vocation des chefs religieux de trop rapprocher deux religions différentes. Ce serait la négation de sa propre foi.
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    Frédéric Paulus
    Saint-Denis

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