Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
24 novembre 2007

Ce jour-là, j’avais jeté un froid en plein été dans un café-philo en intervenant pour dire : « Au moment où nous parlons, il y a quelque part sur terre un habitant sur deux qui n’a pas deux euros par jour pour vivre ! »
Que notre monde ne soit plus qu’un vaste marché où tout s’achète et tout se vend, c’est aussi la réalité que certains voudraient à tout prix occulter - et à laquelle pourtant rien n’échappe.
Il en est de même du pouvoir qui a changé de locataire, passant des mains ou des griffes des chefs d’Etat aux poches et aux coffres-forts des chefs d’entreprises. Car, de toute évidence, ce sont les groupes industriels et financiers, basés pour moitié aux Etats-Unis d’Amérique et pour moitié, principalement en Europe et au Japon avant d’être rejoints prochainement par les nouveaux prédateurs des autres pays comme la Russie, l’Inde ou la Chine, qui sont les maîtres du monde.
Il a suffi ces temps-ci qu’une crise financière éclate outre atlantique dans l’immobilier pour provoquer aussitôt des remous considérables bien au-delà de sa sphère.
Il n’est pas un seul secteur de l’activité humaine qui ne soit affecté, gangrené, pollué - au point que l’humanité risque de n’être qu’un mot sans aucun contenu - par ce système parfaitement rodé, mensongèrement appelé mondialisation, de fait monstrueuse privatisation. Tant et si bien que tous les concepts de géopolitique : économie, croissance, développement, état, nation, patrie, démocratie... deviennent des mots imposteurs qui dissimulent, camouflent la financiarisation absolue, la mercantilisation la plus féroce.
De ce labyrinthe cosmique, jonché de pièges à tous les pas, il faut, de nécessité vitale, sortir. Oui, par le refus constant de se soumettre, de baisser les bras, de se résigner à la fatalité dans ce qu’elle a de plus pervers et du même mouvement par la volonté aussi tenace d’ouvrir les yeux pour voir le monde tel qu’il est, de se réveiller pour ne pas se laisser endormir et pouvoir réagir, de se soulever enfin.
Complices ou insurgés ? tel était déjà le cri lancé par Jules Vallès il y a plus d’un siècle et demi. L’alternative est encore plus saisissante aujourd’hui.
Georges Benne, avec le concours de Jean Cardonnel
Courrier des lecteurs
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