Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
8 mars 2007

Depuis quelques jours dans la presse, il est discrètement fait état de soucis, apparemment, que matériels, dans les unités sociales du Conseil général au Port et à Saint-Denis. Je dis bien apparemment, car il se murmure que d’autres anomalies et dysfonctionnements ayant traits à l’humain. Ceux-là ne vont pas tarder à se montrer au grand jour, en dépit des efforts faits en haut lieu pour que le linge sale reste sale en famille.
N’étant pas employé de cette vénérable institution qu’est le Conseil général, je laisserais le soin aux travailleurs sociaux frustrés et mécontents de se faire entendre (il paraît qu’ils sont de plus en plus nombreux). Je voudrais apporter un témoignage personnel, moi le retraité et non moins époux d’une assistante familiale, dont le métier consiste à prendre en charge des enfants en difficulté dans leur famille d’origine. Un mercredi matin, je me retrouve assis dans une salle d’attente d’une de ces antennes sociales où mon épouse a rendez-vous avec une éducatrice chargée, elle, de nous aider à redonner des couleurs à l’enfant qui vient de nous être confié. Petit bout de chou mazouté par une vie qu’il n’a pas méritée.
Ce qui se passe en cette salle d’attente relèverait de la cour des miracles. En une demi-heure, j’en ai vu défiler de ces cas qu’on appelle sociaux. Un monsieur en état d’ébriété venu s’épancher sur l’inconfort des squats, surtout par temps de pluies. Une étudiante se demandant si la générosité de la collectivité irait jusqu’à l’aider à arrondir ses “faims” de mois à l’aide d’un petit colis alimentaire. Une mère "de la zone Océan Indien" qui ne comprend rien à un courrier qu’elle a reçu et rien non plus aux explications qu’on lui fournit. Un très jeune couple qui essaye, par gestes, de faire comprendre que leur situation délicate impose plus de confidentialité que ce lieu ouvert à toutes les oreilles. Et enfin, deux mères de famille et leurs enfants placés, qu’elles rencontrent au meilleur des cas tous les mercredis. Pas de chance pour elles, les deux salles prévues à cet effet sont occupées, l’une par une famille plus matinale, l’autre par une réunion de travail. En fond musical, conversations téléphoniques et noms de famille épelés.
Je vous vois venir : le monsieur retraité que je suis n’a d’autre loisir que de se repaître du malheur des autres, en écoutant aux portes, des conversations évidemment confidentielles. Mais non, relisez-moi, nous sommes dans une salle d’attente, et ces bribes de conversations sont émises par des gens en grosses difficultés, en direction du personnel de l’accueil qui a besoin d’en savoir un minimum pour pouvoir convenablement les orienter. Et mon siège se trouve collé au comptoir...
Épilogue : mon épouse revient de son entretien, un peu inquiète : l’éducatrice qui l’a reçue l’a presque fait par gentillesse, mais lui a appris qu’aucun travailleur social ne pourra l’aider en continu dans le suivi de l’enfant. Motif : manque de personnel et quota dépassé.
Faut-il encore un commentaire ? Non, tout lecteur, même non averti, aura compris que lorsqu’on vient par nécessité à la rencontre des services sociaux de ce département, on a la même appréhension lorsque enrhumé, on est reçu par un médecin grippé. L’envie de faire le jeu de mot me brûle les sinus : Congestion ou gestion à la C... au Conseil général ?
Un retraité soumis à l’anonymat, car époux d’une employée du Conseil général
P.S : À ceux qui pensent que cette lettre sent, à vue de nez, l’attaque politique éhontée, je les rassure. Cette situation était déjà connue des élus de l’autre bord, aux temps joyeux où ils occupaient, eux aussi, le palais tout confort avec voitures toutes options.
Courrier des lecteurs
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Messages
8 mars 2007, 08:19, par nicolas de l’ouest
gestion à la con, trois fois hélas, où le confort et le prestige accordé aux élus l’emportent sur la mission de service public.
J’en veux pour preuve ma propre expérience des services du Département à la fin des années 90 sur St Benoît, où les emplois jeunes pullulaient à ne savoir pas quoi faire, mis à part se connecter sur internet et consulter horoscopes et autres recettes de cuisine tout au long de la journée ! Véridique hélas.
La performance d’un service public se mesure également à l’aune des capacités individuelles des personnels y travaillant OR le législateur ne permet pas encore, la mesure de cette performance qui mettrait en avant d’éventuelles "anomalies", dans la conception des espaces de travail..
Dors réunionnais ...dors...