Consens by nonsense

9 juillet 2007

Les Anglais, qui ont par excellence le sens de l’humour, surtout depuis que Lewis Carroll a illustré le nonsense, ont trouvé la bonne formule pour qualifier le Traité simplifié de l’ex-candidat et aujourd’hui Président de la République, Nicolas Sarkozy : consens by nonsense. Ce qui veut dire : consensus autour d’un texte qui, d’après les réactions des principaux dirigeants de l’Union européenne, n’aurait plus tout à fait le même sens pour chacun d’entre eux. Le projet initial de Valéry Giscard d’Estaing, déjà diablement compliqué, aurait subi un tel traitement afin de leur donner satisfaction, qu’il serait devenu proprement illisible. Et du train où vont les choses, devant les exigences exprimées par certains, en particulier par les Polonais qui menacent de tout saborder en freinant des quatre fers, le traité dit simplifié risque d’être renvoyé aux calendes grecques. D’autant que pour la ratification, on balance aujourd’hui entre la voie parlementaire et le referendum, à moins qu’on choisisse les deux à la fois ou, comme notre président de la République, l’un après l’autre. Apparemment, tout ce ballet au côté surréaliste, qui cache en réalité d’autres intérêts à défendre, n’a pas l’air de passionner l’opinion !

Georges Benne


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Témoignages - 82e année


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