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20 août, par30e anniversaire de l’alerte lancée par Paul Vergès sur la crise climatique
26 décembre 2006

Cette action symbolique de la CGPER (Confédération Générale des Planteurs et Eleveurs de La Réunion) de distribuer aux élèves de l’école de Quartier Français 300 colis comportant des fruits de saisons de La Réunion (letchis, ananas, mangue) a pour but de sensibiliser les décideurs locaux ainsi que les élèves sur les difficultés que rencontrent les agriculteurs réunionnais pour accéder aux marchés de la restauration collective de La Réunion (cantines scolaires, hôpitaux, armée...). Rien que dans les établissements scolaires, ce sont plus de 200.000 repas qui sont servis chaque jour dans les écoles, collèges et lycées (plus de 150.000 uniquement dans le primaire) soit 36 millions de repas servis sur 181 jours que comptent l’année scolaire.
Aujourd’hui, nos produits qui subissent des contrôles rigoureux offrent une sécurité alimentaire incomparable reconnue au niveau national et international avec la labellisation de nos letchis et de nos ananas pour le marché de l’export mais également la parution d’un décret produit péi au mois d’octobre qui reconnaît les qualités et le savoir-faire des agriculteurs réunionnais. Ainsi, chaque année, ce sont quelque 100.000 tonnes de fruits et légumes et 25.000 tonnes de viandes qui sont produites par les quelque 7.500 agriculteurs de notre département.
Cependant, malgré nos efforts pour produire un fruit, un légume ou une viande de qualité, les agriculteurs réunionnais accèdent difficilement au marché de la restauration collective qui représente un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros par an dont moins d’un quart de produits locaux. Tant tôt les agriculteurs locaux ne peuvent pas répondre aux marchés publics faute de quantité suffisante, tantôt nos produits sont trop chers. Les arguments avancés par les collectivités locales pour favoriser les importations aux produits locaux sont nombreux mais incohérents avec la sécurité alimentaire et le maintien d’une activité agricole qui participe activement au développement de La Réunion par ces aspects économiques, sociales et environnementales.
Il y a 15 ans, les gestionnaires de la restauration collective reprochaient aux agriculteurs de La Réunion de ne pas pouvoir fournir en quantité suffisante et de manière régulière les cantines. Face à ce constat, les agriculteurs se sont structurés en groupements de producteurs pour pouvoir livrer une large gamme de produit en quantité suffisante.
Autre raison invoquée, c’était le mauvais conditionnement de nos fruits et légumes qui n’étaient pas directement utilisables par les cuisiniers car non calibrés (fruits et légumes fragiles livrés en vrac, viande non découpée...). Là encore, les agriculteurs ont su s’adapter en s’équipant d’unité de conditionnement pour faire des produits dit de 4ème gamme, c’est-à-dire prêts à l’emploi ou des unités de transformation de la viande capables de faire des steaks hachés ou des rôtis.
Aujourd’hui, nous pouvons dire qu’une majorité de contraintes techniques est résolue avec un conditionnement adéquat, une offre régulière et suffisante, mais une fois encore, les fruits et légumes de La Réunion sont refoulés à l’entrée de nos cantines pour une question de prix.
La part consacrée aux dépenses alimentaires constitue moins de 40% du prix d’une ration, le reste étant consacré au frais de fonctionnement ou au frais de personnel, soit 1,10 euros par repas. La CGPER estime que la question du prix ne doit pas être le seul critère pour l’attribution des marchés de la restauration collective.
Effectivement, de manière générale, le coût du produit réunionnais est plus élevé, car contrairement à la Métropole ou à Madagascar, nos structures d’exploitation sont totalement différentes avec des surfaces réduites (plus particulièrement dans le maraîchage). A cela s’ajoute pour le producteur local un coût d’investissement et de fonctionnement plus important : les matières premières (engrais, machines, ...) arrivant à La Réunion sont soumises à des frais d’approches (fret et taxes) qui influent sur le prix des intrants, l’amortissement des bâtiments d’élevage est plus lourd à supporter car les constructions plus récentes.
Les crises alimentaires qu’ont connues la France ces dernières années avec la vache folle, l’ESB, le poulet à la Dioxine doivent nous inciter à la plus grande vigilance sur la qualité de nos produits alimentaires. Dans un monde où la course au productivisme est le maître mot, certains pays ne reculent devant rien pour améliorer leur rendement quitte à utiliser des hormones de croissance sur les bovins comme les Etats-Unis, des cultures de maïs transgéniques ou à produire de manière intensive sans aucune considération pour le bien-être des animaux (filet de pangas en Asie).
Dans d’autres régions du monde, des multinationales ont confisqué la terre des paysans pour produire uniquement des cultures d’exportation alors que ces mêmes paysans meurent de faim dans leur pays.
Est-ce que nous voulons que nos enfants consomment ces produits qui proviennent de régions douteuses où la population locale crie famine ?
La Réunion dispose d’un cachet unique façonné par les agriculteurs, et nos marmailles ont encore la possibilité de voir un cochon, une volaille ou une vache alors que dans certaines régions de Métropole, des enfants ne savent plus la provenance du lait.
Au-delà de la question de la restauration collective, la CGPER pose la question du modèle de développement de La Réunion à travers l’agriculture. Outre son aspect économique, puisque l’agriculture réunionnaise reste le principal secteur d’exportation et participe activement à l’aménagement du territoire, à la préservation de l’environnement et au développement touristique de La Réunion.
La Réunion a toujours privilégié une agriculture familiale créatrice d’emplois et indispensable au maintien de la cohésion sociale. Les parents d’élèves que nous sommes doivent influer sur les politiques locaux en incitant nos décideurs à favoriser les produits locaux par rapport aux produits importés.
Le Président de la CGPER,
Jean-Yves Minatchy
30e anniversaire de l’alerte lancée par Paul Vergès sur la crise climatique
Ni antan kékfoi dann zoinal bann zoinalissti parl la rout la soie. Sirman ni domann anou kossa i lé so rout-la. Kossa li lété dann tan lontan é (…)
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