Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Destination santé
19 octobre 2011

En France, une grossesse sur cinq se termine par une interruption volontaire de grossesse (IVG). Or, dans le même temps, la pilule d’urgence peine à s’imposer. Selon le Dr Michèle Lachowsky, gynécologue à Paris, bien des barrières expliquent ce phénomène. Souvent, elles sont d’ordre moral.
« Nous devons continuer à informer, aussi bien les femmes que les médecins », explique-t-elle. Cette gynécologue connaît bien son sujet. Elle a mené cette année une enquête auprès de 11 gynécologues, 9 médecins généralistes et 30 femmes sous contraceptifs, âgées de 20 à 39 ans. « Nous avons observé plusieurs freins qui expliquent pourquoi la pilule d’urgence est encore peu utilisée en France. Les médecins n’osent pas aborder le sujet. Ils ont le sentiment que leurs patientes se sentiraient méprisées ».
De leur côté curieusement, les femmes expriment de la honte, de la culpabilité. « Elles se sentent coupables d’avoir eu une relation à un moment où elles n’auraient pas dû. Elles culpabilisent, et se disent qu’elles sont incapables de penser à ce qu’elles font ». En effet, elles se savent sous contraceptif, se disent qu’elles sont suffisamment maîtresses de leurs sens, de leur morale pour éviter de se retrouver dans des situations dérangeantes. La morale, en effet, pèse lourd en la matière. Ce qui explique sûrement une partie du déficit d’information.
« Beaucoup de femmes nous disent : “j’en ai entendu parler, mais je ne pensais pas que cela me concernait”. Si nous, gynécologues, nous prenions l’habitude de prescrire la contraception d’urgence en même temps que la contraception classique, on dédouanerait les femmes et les médecins de tous ces sentiments ». En réalité, il y a encore beaucoup de barrières. « La pilule d’urgence reste très mystérieuse pour les femmes. Elles ont le sentiment qu’en la prenant, elles avortent. Ce qui n’est absolument pas le cas ».
Il existe deux pilules d’urgence. « Aujourd’hui, nous avons le Norlevo® et ellaOne®. Disponible en Europe depuis octobre 2010, cette dernière est sensiblement plus efficace, et ce, pendant 5 jours après le rapport à risque, au lieu de 3 jours pour le Norlevo® ». Rappelons tout de même que plus la pilule est prise précocement après un rapport considéré à risque, plus elle a de chances d’être efficace.
Courrier des lecteurs
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