Contradictions malgaches

2 novembre 2006

Les autorités malgaches ont dit et répété qu’elles voulaient faire appliquer le droit et donc respecter les décisions de Justice. Elles clamaient leurs intentions de mettre Pierrot Rajaonarivelo en prison dès son retour dans la Grande île. Dans la réalité, elles ont tout fait pour l’empêcher de revenir. Elles ont fait en sorte qu’on ne puisse pas appliquer une décision de justice du pays ! Madagascar et la France sont liés par des accords de coopération judiciaire. Les autorités malgaches n’ont jamais demandé à Paris l’extradition de Pierrot Rajaonarivelo. Pour tenter de confondre un peu plus ce dernier, elles ont produit des documents à propos d’un prêt de plusieurs centaines de millions de dollars. Les autorités malgaches ne remettent pas en cause l’authenticité et la légitimité de ce document. Elles accusent Pierrot Rajaonarivelo de l’avoir signé en lieu et place du ministre compétent de l’époque. Par leur initiative, les autorités malgaches reconnaissent au précédent gouvernement une légitimité allant au-delà de la date de l’investiture de Marc Ravalomanana. Ce dernier a été proclamé Président de la République le 22 février, et le document en question date du 28 février. Madagascar veut coopérer avec ses voisines, elle met en difficulté deux compagnies aériennes, Air Austral et Air Mauritius avec qui le pays travaille. La majeure partie de l’opposition réclame à cor et à cri la démission du Président. Celui-ci décide d’avancer la date de l’élection présidentielle et donc d’écourter son mandat : elle proteste ! Madagascar est un pays bourré de contradictions.

Marc Randriamanasy,
Saint-Gilles-les Bains


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Témoignages - 82e année


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