Di sak na pou di

COVID-19 : Des nouvelles du front

Bruno Bourgeon / 3 avril 2020

Voici une mise au point sur l’hydroxychloroquine, et des nouvelles du front américain, désormais le pays le plus touché par la pandémie.

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Plus de données sur l’hydroxychloroquine (HCQ)

Les chercheurs français qui ont créé le buzz sur un traitement potentiel contre le COVID-19 ont publié de nouvelles données qui renforcent l’idée que l’HCQ avec l’azithromycine est efficace pour diminuer la charge virale. L’étude non contrôlée de 80 patients n’a pas réussi à convaincre les sceptiques qui souhaitent des études cas-contrôle (avec groupe comparatif).
Les nouvelles données ne fournissent pas de nouvelles informations ou de nouvelles preuves statistiques. Même si l’on croit en l’HCQ, il serait dommage de penser que nous avons trouvé l’élixir de jouvence et de réaliser, avec dépit, qu’au bout de 4 semaines, ce traitement est inefficace.
Un infectiologue plaide pour la transparence totale. « Si nous voulons utiliser l’hydroxychloroquine, c’est un choix raisonnable, mais nous devons dire la vérité au public : nous ne sommes pas trop sûrs que cela fonctionnera et cela pourrait même être nocif ».

Repenser l’utilisation du masque de routine

Les autorités américaines et mondiales ont déclaré qu’il n’y avait aucune preuve pour soutenir le port de masques « en ville », mais un cardiologue américain s’est alarmé de voir des travailleurs de santé et des patients errer à l’hôpital sans masque. Certains experts soutiennent que la transmission asymptomatique ou “furtive” peut être un moteur majeur de l’épidémie. Mais pourquoi plaider pour une utilisation généralisée des masques alors que les masques sont rares ? Une acceptation plus large de la valeur des masques pourrait convaincre les autorités de redoubler d’efforts pour produire davantage d’équipements de protection. Parlant de pénuries, près de la moitié des hôpitaux américains sont déjà ou presque à court de fournitures essentielles, selon une nouvelle enquête. Les pénuries d’équipement de protection individuelle (EPI) comprennent des masques, des écrans faciaux, des respirateurs et des blouses, et des gants. Plus de 17 % ont déclaré avoir eu recours à des approches de bricolage telles que la couture de leurs propres masques.

Se préparer à la vague épidémique

Comment se préparer à la hausse attendue des cas de COVID-19 ? La réaffectation du personnel hospitalier est une stratégie qui peut obliger les gouvernements des États et le gouvernement fédéral américain à assouplir les codes de santé. À Kaiser Permanente, par exemple, on prévoit de faire appel à des spécialistes des soins intensifs pour agir en tant que consultants auprès des hospitaliers de première ligne ; d’autres spécialistes soutiendront les hospitaliers et des médecins de famille apporteront leur aide dans les services d’urgence.

Leçons d’Europe

Une nouvelle étude relate l’expérience des cliniciens italiens et fournit des recommandations pour la pratique clinique. Elle décrit les éléments clés de la gestion clinique, y compris l’oxygénothérapie et la gestion des voies respiratoires, ainsi que les aspects non techniques de la prise en charge des patients atteints.
De nouvelles directives de la Société européenne de médecine urgente enseignent des précautions au personnel médical pour éviter de s’infecter. En Italie, près de 9 % des cas de coronavirus positifs sont des agents de santé. Un panel de 36 experts de 12 pays a produit des conseils pour ne pas utiliser des stratégies non éprouvées.

De sombres prédictions d’experts

Anthony Fauci, directeur de l’Institut National des Allergies et des Maladies Infectieuses, prévoit des millions de cas de coronavirus aux États-Unis, avec 100 000 à 200 000 décès. Dans une entrevue télévisée, il a pronostiqué un nombre de décès supérieur à celui de la grippe saisonnière. Certaines contrées du pays jusqu’alors presqu’indemnes du virus devraient se préparer à ce changement, a déclaré Deborah Birx, chef du groupe de travail sur les coronavirus de la Maison Blanche. « Aucun État, aucune zone de métro ne seront épargnés ». Avec plus de 200 000 cas, et une courbe de décès exponentielle, il serait temps de s’y mettre, Onc’Donald.

Bruno Bourgeon, porte-parole d’AID
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