Di sak na pou di

Création de réseaux de parents relais et citoyens sur les communes de l’Est

Courrier des lecteurs de Témoignages / 24 octobre 2018

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Un consensus s’applique de nos jours à reconnaître la position essentielle qu’occupent les parents dans l’émergence de la santé et de l’éducation de leur enfant. Si la volonté politique de l’actuel gouvernement est d’ouvrir l’école maternelle aux enfants âgés de trois ans, on ne peut que constater la quasi-absence de préoccupation concernant l’accompagnement populaire et citoyen des parents après la naissance de cet enfant jusqu’à ses trois ans.

Cette question pourrait être mise sur la place publique tant sont importantes les trois premières années de la vie d’un enfant. Certes, les sages-femmes assurent un accompagnement jusqu’à la naissance et pour « les suites de couche », quitte alors à se rendre au domicile des jeunes parents. On s’inquiètera de savoir si elles sont pleinement satisfaites d’interrompre le suivi après un certain temps. On citera également les P.M.I. (Protection Maternelle et Infantile) qui peuvent être consultées et dont les services sont supportés par l’effort public. Il n’existe pas d’approche instituée pour aborder les références idéologiques et les valeurs qui façonneront l’univers de vie et de socialisation des enfants que chaque parent projette sur son enfant. Il n’est pas vraiment encouragé à se questionner sur les fondements culturels et idéologiques de ces projections.

Si cette durée de la vie de l’enfant entre sa naissance et l’âge de trois ans n’a pas été sujette à accompagnement selon la formule consacrée « des intérêts de l’enfant », c’est bien parce que le législateur n’aura pas voulu s’impliquer dans l’intimité des familles. En effet ce type d’intervention est des plus complexes car il soulève les questions suivantes qui se posent ou se poseraient : « Comment procéder », « Quelles informations véhiculer sur les besoins des enfants », « Comment approcher individuellement ou en groupe des parents qui pourraient contredire les accompagnants », « Un risque de normalisation est-il sous-jacent à la démarche », « Selon quelle déontologie intervenir »… La puissance publique prudente aura mis en place ici ou là sur tout le territoire national des R.E.A.A.P. (Réseaux d’Écoute, d’Appui et d’Accompagnement de Parents » souvent confiés aux C.A.F. (Caisses des Allocations Familiales) et à l’initiative privée associative pour prévoir cet accompagnement. L’application de cette mesure financée sur fonds publics a été évaluée et semble montrer des résultats mitigés. Nous relèverons qu’elle aura très souvent incité le dérôlement de professionnels de la relation d’aide en accompagnants parentaux sans qu’une nouvelle culture d’émancipation du parent émerge fondamentalement. Les parents ne s’approprient de nouvelles informations sur l’enfant que par ces intermédiaires professionnels et sans que ceux-ci, généralement, s’impliquent en tant que parents dans des rapports de réciprocité, par exemple.

Les nouvelles perceptions des parents sur la santé de l’enfant, sur ce qui fait éducation chez l’enfant, devraient émerger chez chaque parent sans induction extérieure. L’implication du parent dans ce processus devrait se manifester du fait du fonctionnement de son propre cerveau (intelligent et créatif) à percevoir et à évaluer ce qui est bien ou bon pour son enfant. Ainsi, il serait nécessaire de concevoir un accompagnement issu de l’intelligence de la vie créatrice de culture qui existe au sein de chaque parent sans tutelle ou dépendance d’une aide extérieure. Ce serait une façon de soutenir l’idée que chaque parent pourrait s’inventer lui-même à être parent en s’individuant confronté à des forum-débats et non d’une manière infantile dans une sorte d’école des parents.

L’équipe du C.E.V.O.I. (Centre d’Études du Vivant de l’Océan Indien) propose ses services bénévolement aux parents dont on peut espérer un soutien de la puissance publique pour innover de nouvelles structures et rencontres individuelles ; mais aussi et surtout groupales, pour véhiculer de nouvelles informations à haut niveau de véracité et fiabilité sur l’éducation et la santé des enfants à venir sans qu’une opinion l’emporte sur une autre. On laisserait l’intelligence des parents déduire et concevoir le reste. Cette Révolution à venir ne devrait pas rendre insensible le nouveau Président de la République pour compléter la mesure de scolarité dès l’âge de trois ans.

Nous fondons un espoir dans le partenariat des sages-femmes qui devraient être heureuses de voir les enfants qu’elles auront vu naître évoluer dans la joie et l’enthousiasme. Nous fondons beaucoup d’espoir sur le soutien bienveillant des professionnels de la santé, des médecins généralistes, des pédiatres, en regrettant la quasi-disparition des médecins de famille qui pourraient informer les parents « sortis d’affaires » avec leurs enfants. Il s’agirait d’inciter ces parents à accompagner les jeunes parents du fait de la position essentielle que ces derniers occupent dans l’émergence de la santé et de l’éducation des enfants. Un nouvel accompagnement des enfants serait pensé bénévolement dès la naissance de l’enfant jusqu’à l’âge de trois ans. Les parents les plus anciens mettraient à disposition des jeunes parents leur maturité et leur disponibilité, « épaulés » par le CEVOI (et autres partenaires) qui contribueraient conjointement à impulser une dynamique de réflexivité et une déontologie spécifique à ce type d’intervention. On pourrait qualifier cette initiative de promotion citoyenne de la santé et de l’éducation de l’enfant dans le cadre communal.

La mise en place expérimentale de ces réseaux de parents citoyens sur les communes de l’Est (pour commencer) nécessitera de profiter régulièrement d’une salle de réunion en semaine, selon la fréquence d’une fois par mois dans un premier temps. Dans l’immédiat, sur la Région Est, une première réunion intercommunale est organisée le mercredi 31 octobre 2018 de 16 h 30 à 18 h 30, sur la commune de Bras-Panon. Pour nous joindre au besoin, composer le 0692 29 65 69.

Nous misons pour commencer sur l’intelligence des parents pour évaluer la pertinence de cette définition de la santé : désir, plaisir, rapport actif à l’environnement, créativité, et ceci dès la naissance de l’enfant.

CEVOI (Centre d’Études du Vivant de l’Océan Indien)