L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Consommation et éoliennes : Vérités chiffrée et perspectives
15 décembre 2006

Les éoliennes sont portées par un vent favorable. A la Réunion, les communes de Sainte-Rose et de Sainte-Suzanne ont été pionnières en matière d’implantation, exemplaire, en terme de production, critiqué en terme d’impact citoyen sonores, pour ce qui concerne Sainte-Rose. La montée du prix du pétrole et la volonté de la France de développer les énergies renouvelables améliorent incontestablement la rentabilité des éoliennes, qui se multiplient.
A la fin de l’année dernière, les 120 parcs à éoliennes installés en France pouvaient produire 750 mégawatts et couvraient moins de 0,2% de la consommation française. Cette capacité est passée à 1.000 MW aujourd’hui et devrait atteindre 2.000 MW au début de l’année 2007. Il y a sur le territoire métropolitain un fort engouement actuellement : les demandes de permis de construire de nouveaux parcs éoliens sont en hausse. Les 660 demandes en cours d’instruction pourraient entraîner l’installation d’un millier de nouvelles machines dans les prochaines années, ajoutant 4.000 MW aux capacités de production actuelles, selon les chiffres du ministère de l’Industrie. L’objectif de la France étant d’augmenter la production de 13.500 MW d’ici 2010. Même s’il reste plus cher de produire de l’électricité éolienne, le gouvernement français a donné un sérieux coup de pouce au développement de ce secteur en garantissant un prix d’achat de l’électricité produite de 8,2 centimes par kW/h, dans des conditions plus intéressantes que celles qui existaient jusqu’à présent. Les particuliers, qui paient eux 12,9 centimes par kW/h fourni par EDF, financent ce dispositif, comme tous autres consommateurs d’électricité, soumis eux à des tarifs différents. Ils payent sur leur facture une "contribution aux charges de service public de l’électricité" (0,45 centimes hors taxes par kW/h) utilisé par EDF, notamment pour supporter le surcoût lié aux énergies renouvelables. La commission environnement durable de L’ORGECO estime que le surcoût lié à la production d’électricité éolienne va se réduire dans les années à venir, gommé par l’augmentation du prix du pétrole. D’ici dix ans, l’énergie éolienne sera moins chère que celle des centrales à gaz combiné, parce que le prix du gaz augmente avec celui du pétrole. Pour les mêmes raisons, les installations produisant de l’électricité à partir de biomasse (déchets naturels) ou l’énergie solaire (pour les particuliers) devraient eux aussi connaître un fort développement. D’autant que le marché du pétrole, perturbé par les tensions géopolitiques en Irak, en Iran ou au Proche-Orient, a battu record sur record ces derniers mois, dépassant désormais les 76 dollars le baril. Tous les grands spécialistes s’accordent sur l’impérieuse nécessité d’un nouveau modèle d’économie qui anticipe la décroissance pour en maîtriser les effets. En effet, si la croissance ne revient pas, la planète aura épuisé ses ressources en pétrole dans une quarantaine d’années. L’opinion publique qui attend des informations fiables et des prix attractifs doit savoir que certains lobbies pétroliers bloquent l’émergence des énergies nouvelles, contrairement à leurs postures affichées. Pourtant, les économies d’énergie et les énergies renouvelables peuvent créer des emplois pour compenser ceux que nous ferait perdre la sortie du nucléaire et la baisse de la consommation d’énergies fossiles (Pour un million d’euros investis, le nucléaire crée 19 emplois, l’éolien 27) La vraie question est de savoir comment sortir de la dépendance pétrolière, avec un scénario plausible, sans compter uniquement sur les énergies renouvelables, dont on sait qu’elles ne suffisent pas encore aujourd’hui ?
Plus de pétrole dans 40 ans
Dans une quarantaine d’années, la planète aura épuisé ses ressources en pétrole exploitable, l’important n’étant pas la dernière goutte de brut, mais plutôt le moment où la courbe de la production mondiale va décroître (le Peak Oil. C’est imminent, sans doute, avant 2010.) Il reste la possible mise en place de carburants alternatifs, comme c’est le cas au Brésil ! Les biocarburants (qui sont tout sauf “bio”) pourront assurer quelques pour-cent de nos carburants, ils ne remplaceront pas le pétrole. Leur bilan écologique et énergétique (énergie nette) est mauvais. Il y a, à La Réunion, comme partout dans le monde industrialisé des nécessités sine qua non, à la fois, en matière de production d’énergie, et dans le même temps de protection de l’environnement. Il nous reste à souhaiter que les demandes de permis de construire de nouveaux parcs éoliens fleurissent sur notre département, en prévision des exigences énergétiques à venir, afin que créole devienne vraiment le dieu du vent !
Marie-Thérèse Cazal
Vice-présidente déléguée Environnement Développement durable
Noor-Olivier Bassand
Président de l’ORGECO
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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