Di sak na pou di

Crimes et châtiments

François Maugis / 9 août 2018

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Les rapports entre les peuples subissent les mêmes lois que les rapports entre les hommes. Les Corses ont inventé la Vendetta, les victimes de la guerre économique ont inventé (entre autre) le terrorisme. Selon certains journalistes, ce serait deux petits pays d’Afrique (le Kenya et la Tanzanie) qui, mécontents de l’ingérence et de la prédation des pays occidentaux, seraient entrés en révolte ouverte contre l’ordre mondial, au travers du terrorisme. Un certain Martin Kimani, directeur du centre kenyan du contre-terrorisme admet même que, pour éliminer les poches de désespoir, si fertiles pour le recrutement de jeunes terroristes, les gouvernements occidentaux devraient concentrer leurs efforts sur l’amélioration du niveau de vie d’un certain nombre de pays ou de régions du Monde.
Il faut bien reconnaître que, pour l’instant, aveuglés plus ou moins hypocritement par cette vendetta internationale, les pays occidentaux n’en prennent pas le chemin. On le sait, la logique de la vendetta est sans fin. Ce que l’on sait moins, c’est qu’au niveau mondial, qu’elle soit économique ou militaire, cette guerre empoisonne durablement et sans retour si nous n’y prenons pas garde, la vie de tous les Terriens. Très timidement, Monsieur Kimani a mis le doigt sur le détonateur. Nous serions tous coupable si cet avertissement n’était pas davantage pris au sérieux. En d’autre termes, c’est bien les graves inégalités entre les hommes qu’il faut éradiquer si l’on veut réellement construire un monde en paix.
Mais ce ne sera pas facile tant les esprits sont pris dans l’infernal tourbillon de la vengeance. On en oublie la cause essentielle du combat, on en oublie l’origine.
Pour ne citer qu’un exemple, bien qu’ayant perdu la guerre d’Algérie, la France, au travers d’une sorte de guerre économique, a poursuivi, bien après sa défaite, le pillage économique de ce territoire. En flattant la mégalomanie de certains responsables algériens, elle a vendu à son ancien ennemi une énorme usine sidérurgique, totalement surdimensionnée, capable de couvrir les besoins de toute l’Afrique. Elle a été payée rubis sur l’ongle grâce aux revenus du pétrole mais l’usine ultra moderne n’a jamais dépassé 10% de sa capacité de production. Il s’agit là d’un cas extrême mais la détérioration des termes de l’échange que les économistes connaissent bien est toujours la règle d’or des rapports entre les pays riches et les sous-développés. Ainsi, je crains fort que ces derniers aient beaucoup de mal à sortir de la misère.
 
François Maugis