À Saint-Denis, la solidarité face à une misère qui s’aggrave 80 ans après la fin du statut colonial
3 août, parDistribution de repas et de vêtements à des pauvres de Saint-Denis
11 mai 2013

Nous vivons une époque formidable ; tandis que l’idéologie conservatrice ultralibérale pousse les derniers soubresauts d’une bête assassine et que la planète entière et ses peuples souffrent du pillage incessant de ses richesses et de ses ressources, la croissance économique reste l’indicateur prioritaire pour pallier aux insuffisances grandissantes d’une mondialisation inhumaine. A La Réunion, depuis près de quatre siècles, après l’esclavage, la colonisation, la départementalisation, le népotisme financier et l’oligarchie de pouvoir constituent l’argument principal d’une fuite en avant qui mène droit au gouffre. Plutôt que d’opérer un changement radical dans les mentalités et le mode de vie épuisé par les inégalités, certains responsables optent toujours pour la vieille politique de l’autruche et le statu quo avec la métropole (qui, soit dit en passant, n’en est plus une depuis 1946, mais l’utilisation de ce mot est plus que symptomatique d’une grave maladie addictive). Les chiffres sont percutants. 160.000 chômeurs sur 850.000 habitants, 300.000 personnes à la CMU, 52% de la population vivant avec moins de 600 euros par mois, 25% d’illettrés, et savez-vous quelle est la solution ? II faut travailler et consommer. Continuer, persévérer, s’enfoncer, mais TRAVAILLER ET CONSOMMER. Nourrir et faire croitre le Léviathan, la dévoreuse de chair et de conscience, et surtout échapper à la honte, l’opprobre, I’écart. Alors, question : 10.000 jeunes arrivent tous les ans sur le marché de l’emploi à La Réunion de plus en plus formés, qualifiés, diplômés, on les met dans quel emploi ? Alors, on vous répond doctement, il faut passer un concours ou partir, voire les deux à la fois. La belle affaire. Peut-on m’expliquer le progrès avec le BUMIDOM ? Pour les plus jeunes, la déportation déguisée. Et puis ne parler surtout pas de préférence régionale, l’emploi aux Réunionnais. Quelle grossièreté, manque républicain, alors que toutes les régions hexagonales la pratiquent assidument implicitement. Mais le Réunionnais est d’une telle politesse qu’iI déporte ses enfants pour faire de la place aux autres. Et, the last but not the least , trouvez-vous légitime que 20% des actifs touchent 53% de prime coloniale ? Bien sûr, fallait être fonctionnaire, monsieur, faire tourner le système.
Radjah Véloupoulé
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