Curieuse planète !

14 février 2008

Pour faire tourner la roue de la fortune à pleine puissance, il faut pousser les feux de la chaudière mondiale au maximum. Il faut tout brûler le plus vite possible : forêts, charbon, pétrole, uranium ...
Balivernes, mensonges et hypocrisie sont les trois mamelles qui alimentent les défenseurs du « toujours plus » et de la croissance perpétuelle. Pendant ce temps-là, notre Terre est bouffée par tous les bouts et nous ne disons rien. « Consomme, prends ton bain chaud, roule dans ta belle voiture et tais-toi » : tel est le message que les sirènes de la fortune nous transmettent à longueur de vie, et nous ne répondons rien. L’un des plus grands marchands de pétrole du monde, qui ne se contente plus de son milliard d’euros de bénéfice mensuel, a bien compris cette mécanique juteuse de la fortune. Piller les réserves de pétrole de l’humanité ne lui suffit pas. En se lançant dans le nucléaire, il va aussi s’attaquer à nos réserves d’uranium.
Bon, si cet immense pouvoir de l’argent sert effectivement à diriger intelligemment les actes humains et favorise une gestion raisonnable de la planète, pourquoi pas. Mais, qui contrôle ces monstres de la finance, et leur a-t-on seulement demandé de faire attention à notre avenir ? Il semble bien que non. Autrement dit, si demain une catastrophe majeure leur est imputable, ils auront beau jeu de se réfugier derrière la célèbre formule : « Responsable, mais pas coupable ». Ces fous de fortune ne sont pas si fous que ça. Ils laissent aux politiques les responsabilités les plus périlleuses. Mais, paravents ou valets muets de la fortune, ces meubles que sont les politiques ne sont pas beaucoup plus responsables qu’eux.
En sanctionnant très sévèrement les pollutions provoquées par le bateau poubelle Erika, la justice française nous redonne un peu d’espoir. Mais pour sauver véritablement notre planète, il va falloir aller beaucoup plus loin et s’attaquer à la notion même de croissance. Mais attention, les sirènes de la fortune ont pensé à tout : selon ses chants ensorceleurs, la croissance est devenue intouchable et sacrée. Pensez donc, pour justifier l’obésité des riches, on prétend qu’il faut aussi laisser aux pauvres la liberté d’être obèse ! Les 35 heures pour tous, le partage du travail et des richesses, ce n’est pas pour demain.

François Maugis
http://assee.free.fr


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Témoignages - 82e année


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