D’épaves en épaves

14 octobre 2003

Qu’est-ce donc qui peut prédisposer notre île, à devenir dans les années qui viennent, le lieu géométrique d’un cimetière d’épaves ? En moins d’un mois, en effet, deux bateaux devenus dangereux ou inutilisables, ont été coulés à proximité de nos côtes. Des opérations dont la réussite est présentée presque comme une "victoire navale"… Faut le faire, comme l’on dit !
Pour ma part, j’aurais plutôt envie de dresser une stèle sur le rivage, face à chaque lieu approximatif d’une épave, pour en garder la mémoire et désigner les auteurs de ces pollutions programmées, de nos fonds marins :
Par exemple, « Ci-gît par 1.700 ou 2.000m. de fond, les restes de … coulé le … sans égard pour la propreté de nos eaux, sur décision de M. Friédérici, ci-devant représentant de l’État français ».
L’on se bat soi-disant pour le respect de nos plages et pour que notre lagon ne soit pas une poubelle. Comme cela se voit, ça fait sale. Mais, des carcasses de bateaux coulés, ça ne se voit pas. Donc, c’est pas sale !
Oui, une stèle pour commémorer l’exploit. Que, de génération en génération, l’on sache ce qu’il en est. Daté et signé ! Devoir de mémoire oblige ! À chaque préfet son dû : à Perreau-Pradier, la fraude électorale, organisée, des années durant, de mains de maître. À M. Cousseran, l’expulsion d’un prêtre, manu militari, cueilli au saut du lit et embarqué pour l’île Maurice, dans l’avion du jour (fin décembre 1970)… À M. Friédérici, la pollution systématique, programmée, de nos profondeurs marines…
Je suis de ceux qui estiment que les libertés prises par de hauts responsables, relatives à des contraintes obligeant tout simple citoyen -ces fantaisies-là sont mortelles pour la conduite citoyenne face au bien commun. Je n’en donnerais qu’un autre exemple inspiré, d’ailleurs par l’actualité : les rallyes automobiles ! Notre jeunesse y voit foncer des bolides, "autorisés" à se moquer des prescriptions les plus sacrées du Code de la route -et cela sur des parcours qu’elle-même fréquente habituellement… Dites-moi quel peut être l’impact d’une semaine de "Sécurité Routière", après des journées et des nuits de sarabandes rugissantes, au mépris de tous les "codes"… et sous la protection de la "Loi", s’il vous plaît !
Et, pour revenir à la pollution, allez dire à un campeur -grand ou petit- qu’il pollue, quand il abandonne sa bouteille de plastique ou sa boîte de conserves sur le sable de la plage, alors qu’à côté on engloutit des mastodontes … Soyons sérieux !


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Témoignages - 82e année


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