« De la vision politique à l’action publique : comment la pensée de Paul Vergès sur le changement climatique s’est traduite concrètement dans les politiques d’aménagement et de développement de La Réunion »
29 août, parPaul Vergès : 2016-2026
21 août 2003

Je ne peux qu’apporter ma compassion aux victimes de l’attentat de Bagdad et à leurs proches, mais est-ce une raison pour fermer les yeux sur le dysfonctionnement du système des nations ?
Ce même jour, j’ai reçu un appel d’un ami moscovite qui m’appelle au secours pour l’aider à obtenir un visa, histoire de venir passer huit jours à Paris. Oui, nos amis Chirac et Poutine se font des bisous à Saint-Petersbourg, mais il faut encore des visas tracassiers pour les citoyens ordinaires amis des sciences et des exposciences...
Ce même jour, j’ai reçu un relevé bancaire qui montre que les banques "françaises" vous offrent des services nationaux sur un simple clic d’ordinateur, mais qu’elles ne savent pas encore faire simplement un petit virement vers une banque "hollandaise" sans cafouiller gravement... Nous sommes bien tous des Réunionnais européens, n’est-pas ?
Ce même jour, dans une poste parisienne, j’ai toujours du mal à comprendre pourquoi il me faut remplir une étiquette de "douane" pour envoyer à un ami de Saint-André un livre à trois sous, alors que j’aurais pu dans une enveloppe identique mettre un chèque à mille euros sans que personne n’y voie d’inconvénient, ou bien envoyer par email, comme une lettre à la poste, une version électronique du même ouvrage...
Dans quel monde ubuesque vivons-nous ?
Ce ne sont là que des exemples simples et immédiats, fréquents, qui font la vraie vie de tous les jours. Alors, plutôt que d’aller s’embourber à Bagdad, les fonctionnaires des Nations Unies ne pourraient-ils pas avoir d’autres priorités, comme par exemple de travailler à ce que nous soyons un peu moins "nations" et un peu plus "unis", en commençant par exemple par supprimer une bonne fois tous les visas...
À notre époque du contrôle électronique généralisé, les visas ne sont plus qu’une galère paperassière, obsolète et néfaste, qui n’empêche pas les voyous de se voir à loisir pour faire leurs mauvais coups, mais qui embête régulièrement tous les honnêtes gens dont la rencontre contribue à la construction d’un monde plus harmonieux...
En 1985, une quinzaine de cosmonautes du monde entier se sont retrouvés dans un château de la région parisienne (voir http://www.space-explorers.org/congress/photos1.html) pour fonder l’association des "Explorateurs de l’Espace", en compagnie de leur ami Jacques-Yves Cousteau. On dit qu’ils ont longuement débattu pour savoir si leur association s’appellerait "Association Internationale des Explorateurs de l’Espace" ou tout simplement "Association des Explorateurs de l’Espace", avant de décider de ne plus faire référence aux "nations" même au travers du mot "international"...
Alors, dans mes rêves eutopiques ("eu-topiques", pas "u", voir Abraham Maslow) (1), j’imagine qu’en hommage à toutes les victimes de Bagdad, le prochain acte de nos représentants aux Nations Unies sera de décréter l’abolition universelle des visas et des obstacles administratifs à la libre circulation des biens et des personnes...
Liberté, Égalité, Fraternité.
Guy Pignolet
Ancien Président du Comité Éducation de la Fédération Internationale d’Astronautique
Conseiller au Centre Culturel Spatial de Sainte Rose
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