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23 janvier 2020, par

Greta Thunberg et Donald Trump sont les deux stars du Forum de Davos qui réunit, à partir du 21 janvier, les principaux décideurs économiques et politiques mondiaux. Un programme paradoxal tant les visions de ces deux personnes sont irréconciliables.
L’une des rengaines de Davos est la menace d’échec contre le réchauffement climatique. Les organisateurs et participants, hésitant entre deux mondes, les mettent en présence. Les deux stars de l’édition 2020 monteront à la tribune dès le premier jour. Greta Thunberg interviendra dans deux tables rondes l’une sur le thème du chemin durable vers un futur commun, l’autre sur l’apocalypse climatique. Entre les deux, Donald Trump montera seul à la tribune pour une demi-heure. Peu de chances qu’ils se croisent ou se rencontrent.
Au-delà de leur différence d’âge, de rôles et de poids sur l’économie mondiale, Greta Thunberg et Donald Trump symbolisent des mondes opposés.
Greta Thunberg vient à Davos pour rappeler l’urgence. Elle l’a fait la semaine dernière au Guardian. « Nous venons d’entrer dans une nouvelle décennie, une décennie où chaque mois et chaque jour seront absolument cruciaux pour décider de ce que sera l’avenir ». Elle demande l’arrêt immédiat des énergies fossiles : « Pour certains, il peut sembler que nous demandons beaucoup. Mais ce n’est que le minimum d’effort nécessaire pour amorcer une transition rapide et durable. Le fait que cela n’ait pas encore été fait est, très franchement, une honte […] Tout ce qui n’irait pas dans le sens d’un arrêt immédiat de ces investissements dans l’industrie des combustibles fossiles serait une trahison envers la vie elle-même ».
Donald Trump vient défendre à Davos le monde économique tel qu’il le dépeint à ses futurs électeurs dans sa tournée de meetings. Où le réchauffement climatique est une rumeur des Chinois, où les énergies fossiles tournent à plein régime. Pour lui, l’urgence ne sera pas climatique mais géopolitique en mettant en avant la crise iranienne, accentuée par l’annulation de la venue du ministre des affaires étrangères de la République islamique.
Les 2 800 participants du Forum Économique Mondial seront partagés. Klaus Schwab, le grand ordonnateur, a choisi. Il a placé l’édition 2020 sur le thème « Des parties prenantes pour un monde cohérent et durable ». Il l’explique au Financial Times : « Le monde est en état d’urgence et la fenêtre pour agir est en train de se refermer […] Nous ne voulons pas faire face à une désintégration politique et économique continue, nous ne voulons pas atteindre le moment où le changement climatique sera irréversible ». Il ajoute : « Mon rêve pour Davos est d’amener les gros investisseurs à ne financer que des investissements qui ne nuisent pas à l’environnement ».
Il prône une nouvelle théorie de l’entreprise qui remplacerait celle de Milton Friedmann où l’actionnaire est roi. Ce nouveau mode de pensée donnerait aux entreprises un rôle de citoyenneté mondiale qui ferait d’elle l’actionnaire de notre avenir mondial, quand elle lutte contre le changement climatique ou travaille à préserver les océans.
Bruno Bourgeon, porte-parole d’AID
D’après Novéthic
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