À Saint-Denis, la solidarité face à une misère qui s’aggrave 80 ans après la fin du statut colonial
3 août, parDistribution de repas et de vêtements à des pauvres de Saint-Denis
10 novembre 2018, par

Concept récent à la Réunion, la « co-habitation solidaire » a un bel avenir devant elle…
En effet, à l’heure où l’Etat ne veut plus construire de nouvelles maisons de retraite (cout de 2000 euros à 7000 euros pour les familles) et que le Conseil Départemental voit ses moyens financiers se réduire…(voir l’étude « gramounes care » commandée par l’A.R.S le confirmant), il est grand temps de prendre le problème du vieillissement et de l’entrée en dépendance de la population réunionnaise au sérieux !
Jusqu’ici, les familles ayant une personne âgée avaient 3 solutions possibles : soit la prendre chez eux, soit lui proposer une famille d’accueil (cout de 1400 euros en moyenne pour la famille) soit la maison de retraite avec 3 ans d’espérance de vie selon les enquêtes (et un coût de 2000 à 7000 euros).
Si l’Agence Régionale de Santé (A.R.S) préconise le maintien à son domicile faute de moyens, il est facile à comprendre que le rapide passage de l’auxiliaire de vie et de l’infirmière en journée ne peuvent suffire à combler la solitude et préserver la sécurité de nos gramounes vivant seules chez eux.
« S.0.S Gramounes isolés » (site patricelouaisel.wix.com/sosgramounesisoles, tel 0262 582 581) tire donc aujourd’hui la sonnette d’alarme… Qui sera responsable des enfants ou du Conseil Départemental s’il arrive un accident (malaise, chûte, AVC, etc.)°à ce gramoune laissé seul sans compagnie le soir et la nuit ?
Repérant ce problème majeur d’autant que le vieillissement s’accélère à la Réunion, notre association a récemment mis en place parmi ses actions la « co-habitation solidaire » : Ainsi toute personne âgée disposant chez elle d’une chambre libre peut l’offrir à une dame seule contre un peu de conversation en soirée et sa présence sécuritaire de nuit en semaine. Ainsi en quelques mois, l’association a déjà recueilli de nombreuses demandes de familles de gramounes pour bénéficier d’une « dame de compagnie », celle-ci pouvant travailler ou sortir en journée, avec comme seule contrainte d’être présente le soir et la nuit en semaine. Ainsi, A l’heure d’aujourd ’hui, « Gramounes isolés » dispose actuellement d’une bonne douzaine de propositions de co-habitation venant de gramounes tout autour de l’île susceptibles d’intéresser autant les dames seules avec ou sans travail, que les étudiants ou autres stagiaires sur La Rivière, Bois de Nèfles st Paul, La Plaine Saint-Paul, La Possession, Le Port, Saint-Denis, Saint-André, Sainte-Rose, la Plaine des Palmistes et la Plaine des Cafres… (Indépendance, économies, moins de trajet, expérience, solidarité… sont quelques uns des multiples avantages de cette formule)
A terme, « SOS Gramounes isolés » lance un appel aux Elus (députés, sénateurs, responsables du Conseil départemental et maires) pour qu’ils obtiennent du gouvernement que soit mise en place un élargissement de l’A.P.A ou une allocation permettant de sécuriser nos gramounes le soir et la nuit grâce au financement d’une « dame de compagnie » à hauteur de quelques centaines d’euros.
Patrice Louaisel
Psychologue, Président de « Gramounes isolés »
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