Définir la République avant d’élire son président

21 septembre 2006

À quelque huit ou neuf mois de l’échéance, - le temps d’une gestation -, l’agitation s’est emparée déjà du monde politique, nous donnant par avance un avant-goût de l’âpre bataille qui s’engage, avec ses pressions, ses virevoltes, ses entourloupettes, ses crocs-en-jambe, ses coups bas, ses coups tordus... Et pour couronner le tout, les scandales qui éclatent comme les bulles à la surface de la mare, révélant au grand jour les luttes d’influence fratricides.
Alors le pouvoir s’affole, perd toute mesure. Et pour préparer activement la parade, se ménage les appuis de tous côtés, dans tous les corps de l’État, jouant après la discorde la carte de l’unité de façade. Mais faut-il croire que les électeurs aient la mémoire si courte et qu’ils aient tout d’un coup oublié les paroles perfides qui ont été prononcées ces temps derniers ?
Comme on est loin de l’esprit et de la lettre de La République ! Mais la pire chose, c’est de nous laisser emporter dans cette tourmente malsaine ou de nous détourner à tout jamais de la vie politique. L’heure n’est-elle pas venue au contraire de briser ce manichéisme par un sursaut salutaire qui nous permet de retrouver tout leur sens à ces trois mots-clés de la devise de la République : liberté, égalité, fraternité ? Ne serait-ce que pour prévenir les continuelles dérives dont sommes quotidiennement les témoins ? Oui, définir la République avant d’en désigner son président.

Georges Benne


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Témoignages - 82e année


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