Denys Arcand et le prix Raimu

29 décembre 2006

Le Québécois Denys Arcand a reçu de France le Prix Raimu de l’auteur de théâtre 2006 pour l’adaptation à la scène de son film “Le Déclin de l’Empire américain” par Claude Michel Rome. Il n’y a qu’à bien lire la phrase précédente pour comprendre que ce choix est ahurissant. C’est comme si on avait remis le Lion d’Argent 2006 de la Mostra de Venise à Alan Ayckbourn plutôt qu’à Alain Resnais pour son film “Cœurs”, tiré d’une pièce du premier. Ou le Lion d’Or 1961 à Alain Robbe-Grillet plutôt qu’au même Alain Resnais pour son film “L’Année dernière à Marienbad”, tiré du roman éponyme du premier.

Pour Patricia Lasou, l’un des deux créateurs du Prix du nom du génial Provençal, le cinéaste québécois reste celui qui a donné toute son âme à la pièce. Le grand Will reste assurément celui qui a donné toute son âme aux films shakespeariens de Laurence Olivier, Orson Welles et Kenneth Branagh, mais il n’a jamais donné pour autant dans le cinéma. Le cinéma et le théâtre sont deux arts distincts ; Arcand a fait un film, pas une pièce.

Le cinéaste pourrait de lui-même amoindrir l’offense faite à l’adaptateur (l’auteur de l’œuvre jouée devant public) en lui cédant le Prix, et en profiterait pour l’inviter à adapter la suite du “Déclin”, “Les Invasions barbares”, qui pourrait devenir un autre succès sur les planches. Cela ferait à Rome deux cadeaux des Fêtes reçus coup sur coup de Montréal.

Sylvio Le Blanc


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Témoignages - 82e année


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