Des embrassades aux déconvenues !

26 janvier 2007

C’est le temps des amours, du moins à la surface des choses, dans le jeu des embrassades auxquelles se livrent les dinosaures de la politique locale se réjouissant à grands bruits et force cocoricos, aussi nationaux que régionaux, à la signature des accords portant sur la rénovation des transports insulaires. Ce n’est pas un temps favorable à l’expression de l’esprit critique, et pourtant, que de non-dit des retards antérieurs comme des dangers inhérents aux choix retenus dans ces cris de joie circonstanciée.
Évidemment, comme tous les Réunionnais, et c’est l’essentiel, nous ne pouvons que nous réjouir nous aussi de voir se concrétiser, comme accord bel et bien signé, les projets de construction du tram train et de la route du littoral. Le pire aurait été de ne rien faire, nous en avons toujours été persuadés, et les solutions techniques et financières retenues, elles aussi, auraient pu être encore plus critiquables de sorte que nous échappons sans doute au pire de ce qui aurait pu advenir. Il va falloir maintenant matérialiser les études pour pouvoir en bénéficier dans le meilleur des cas en 2013 et 2016, et c’est quand même bien tardif.
Pour autant, nous savons qu’une route sécurisée à trois mètres n’offre pas autant de garantie à long terme que le caractère indestructible de ce qu’aurait pu être un tunnel creusé à l’abri de la roche, à moyenne altitude, loin de l’océan et de ses colères récurrentes croissantes avec les changements climatiques en cours. Ils sont capables de détériorer, sinon de détruire, n’importe quelle digue qu’il faudrait alors reconstruire à grand coût dans le contexte catastrophique d’une île au littoral dévasté par ailleurs. Ici, et cela peut se comprendre mais nous ne l’approuvons pas, le choix a été fait du moindre coût lequel n’est jamais forcément le plus rentable à long terme. Ce souci a disparu dans le choix onéreux d’un mode de financement néo libéral en recours au partenariat public privé, et au péage, au mérite d’un aveu d’incompétence à gérer directement les travaux puis les ouvrages en Régie.
Les chefs politiques locaux se réjouissent tant que l’on en oublierait presque qu’ils sont responsables des retards qu’ils rattrapent à un prix non maîtrisé parce que non maîtrisable comme le montre l’expérience mondiale des conséquences financières, à terme funestes, d’une prise de pouvoir pratique des aménagements infrastructurels par des intérêts privés.
Les antilibéraux que nous sommes ne peuvent se satisfaire de la globalité des choix effectués quand plus rien ne distingue les choix financiers de la gauche politique classique non socialiste au pouvoir à la région de ce que préconise la droite nationale au pouvoir à PARIS.
Ils se sont mis d’accord, la belle affaire ! C’est parce qu’ils sont d’accord en rupture de principes fondamentaux au regard de ce qui devrait rester du domaine des services publics, il n’y a pas de quoi pavoiser. Ici, la gauche n’est plus à gauche, même quand elle a dit non à l’Europe libérale et au TCE, il faut qu’elle renoue avec elle-même ou il ne reste plus qu’à à la réinventer, nous nous y emploierons à fin de pouvoir contribuer à suppléer à ses carences face aux futures déconvenues liées aux inévitables surcoûts.

François Esquer
Porte parole d’ESPOIR
Alternatifs rouges et verts


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