Des films en langue étrangère, mais néanmoins hollywoodiens

1er février 2007

Quand un film tourné dans une autre langue que l’anglais rencontre du succès, il n’est pas rare qu’on en tire à Hollywood un remake adapté aux goûts particuliers des États-uniens, qui remporte généralement dans le monde un plus grand succès encore que l’original. Combien de films français ont ainsi été refaits (la liste comporte même un film québécois, “Louis 19, le roi des onde”, duquel Ron Howard s’est inspiré pour réaliser “Ed TV”, en 1999) ? Un isolationnisme culturel payant pour Hollywood.

Mais avec “La Passion du Christ”, que l’Australien Mel Gibson a tourné en des langues (anciennes) autres que l’anglais et dont il a fait un immense succès mondial, se peut-il que l’attitude des États-uniens à l’égard des films en langue étrangère soit en train de changer ? Depuis, le même Gibson a tourné “Apocalypto” en maya et Clint Eastwood “Lettres d’Iwo Jiwa” en japonais. Les États-Unis s’ouvrent-ils enfin au monde ou trouvent-ils plutôt d’autres méthodes pour ouvrir le monde à l’American way of life ? Car si ces films n’ont pas été tournés en anglais, il demeure malgré tout qu’on y reconnaît le label hollywoodien. M’est avis qu’on constatera un réel changement aux États-Unis quand des films étrangers tournés en d’autres langues que l’anglais y perceront là comme ailleurs.

Pour finir, il était étrange de retrouver aux derniers Golden Globes “Apocalypto” et “Lettres d’Iwo Jiwa” en lice dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. Cette catégorie étant réservée avant aux films étrangers en tout, afin de laisser un petit écran au vaste monde non anglo-saxon. En remportant le prix, “Lettres d’Iwo Jiwa” a fait écran à ce petit écran. If you can’t beat them, join them !

Sylvio Le Blanc


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Témoignages - 82e année


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