Di sak na pou di

Des grandes retenues d’eau pour faire face au réchauffement climatique

Joseph Luçay Maillot / 20 novembre 2017

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Les letchis se font rares en ce mois de novembre.

Selon un planteur de letchis de Saint Benoit que j’ai rencontré hier (vendredi - NDLR), ce ne serait pas le manque d’eau qui serait responsable de la pénurie de letchis de cette année, mais la température trop élevée pendant la période de floraison et l’excès de pluie pendant cette période. Selon cet arboriculteur, il y a eu suffisamment d’eau de pluie sur l’île depuis la fin de la dernière récolte de letchis, peut être même un peu trop. Mais il pense que le letchis a besoin de passer par une période de température plus froide pour qu’il puisse fleurir normalement. Il m’a signalé que la température n’a pas vraiment baissé au cours de la période hivernale de 2017, et il croit que ce phénomène conjugué avec un peu trop d’eau de pluie a maintenu la pousse des arbres et a empêché la floraison.

Même si le letchis est un arbre tropical qui s’épanouit justement là ou l’écart de température entre l’été et l’hiver est très faible, c’est une explication plausible car le trop d’eau peut être nuisible à certain arbres fruitiers. Ce qui est bizarre, c’est que le phénomène n’ait pas touché toute l’île, car il semblerait que pour les producteurs de letchis de l’Ouest et du Sud la production serait tout à fait normale. La raison du phénomène serait alors plutôt l’excès de pluie pendant la période de floraison qui aurait touché essentiellement l’Est de l’île La Réunion pendant la période de floraison des letchis.

Il y a peut être une autre raison à cette pénurie ce serait le fait que la saison cyclonique de 2017 n’a pas généré de vents suffisamment violents pour élaguer naturellement les arbres. Mais là aussi, si c’était le cas toute La Réunion serait concernée.

Si le phénomène de pénurie ne concerne réellement que la côte Est, de Saint-Benoit à Sainte-Marie, il pourrait bien être causé par l’insuffisance d’abeilles et d’insectes polinisateurs sur ce secteur suite à l’arrivée du Varoa.

Une étude plus approfondie de la question par les techniciens compétents qui travaillent sur les fruitiers et les abeilles pourra peut-être nous donner la bonne explication et des directives à suivre pour les années avenir.

Quoi qu’il en soit, je pense malgré tout que la menace du réchauffement climatique qui peut modifier considérablement la pluviométrie sur l’île de la Réunion doit être prise en considération très rapidement et déboucher sur la construction de grandes retenues d’eau qui permettraient l’irrigation pendant les périodes de sécheresse, et donneraient aux agriculteurs planteurs de cannes le moyen de s’orienter vers autre chose devant la baisse de leur revenu provoquée par la suppression de quotas et de la garantie de prix européenne. La construction de ces grandes retenues seraient par ailleurs un moyen très efficace de relancer le secteur du bâtiment à la Réunion et par la même occasion l’économie de l’île. « Quand le bâtiment va tout va »

Ce sont les grands travaux et notamment la construction de grands barrages qui ont permis à l’Amérique de sortir de la grande crise économique provoqué par le krach boursier de 1929. Nous pourrions en faire autant. Il y a encore beaucoup de grands travaux à réaliser à La Réunion. C’est peut être le moment idéal pour les réaliser avant que la situation économique de l’île ne s’aggrave encore plus.

Joseph Luçay Maillot