Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
28 juin 2011

Il devient urgent de poser des grillages le long de certaines routes à grande vitesse de notre île. Ainsi, depuis plusieurs années, des accidents de la circulation routière sont provoqués par des divagations sur les chaussées. Divagations d’animaux : chats, chiens, cabris ou bovins. Divagations de piétons plus ou moins conscients de leur imprudence. Le phénomène s’est particulièrement amplifié depuis la mise en service de la route des Tamarins.
Tant que ces divagations ont lieu dans des rues ou sur des routes ordinaires où la limite de vitesse maximum est assez modérée, les conséquences ne sont pas toujours graves. Ni pour ceux qui divaguent, ni pour ceux qui les heurtent avec leur véhicule. En revanche, sur les routes à grande vitesse (110 km/h à La Réunion), ces divagations peuvent avoir des conséquences dramatiques. Imaginons une moto qui heurte un chien à plus de 100 km/h : le chien divaguant est pratiquement sûr “d’y passer”, mais le motard aussi, hélas !
Vous me direz que le propriétaire de l’animal errant ou le piéton divaguant seront responsables et pénalisés en conséquence. Mais la question n’est pas là. Il convient de trouver une solution pour prévenir et empêcher ces divagations. Or, depuis des lustres, les autoroutes de métropole sont protégées de toute divagation sur toute leur longueur par des grillages qui empêchent l’accès aux chaussées.
A La Réunion, on a su poser des hectares de grilles le long de la route du Littoral pour la protéger des chutes de pierres. On sait interdire aussi très facilement l’accès au volcan au nom du principe de précaution. On devrait donc pouvoir poser des grillages le long de nos routes à grande vitesse, même si elles n’ont pas le statut d’autoroute. Je doute qu’il y ait une quelconque interdiction réglementaire et le principe de précaution devrait être pris en compte. Techniquement, cela ne pose aucun problème. Pour des raisons de financement, le maître d’ouvrage, la Direction régionale des routes, pourrait étaler sur plusieurs mois la pose de ces grillages en commençant par les zones accidentogènes bien connues. Les traversées de piétons à Saint-André et au Chaudron ou entre Saint-Pierre et Le Tampon, les divagations de cabris sur la route des Tamarins vers Saint-Leu, etc. ont connu leur lot de drames.
On pourrait ainsi sauver de nombreuses vies. En évitant les piétons et animaux tués, mais aussi les piétons et animaux blessés qui auront à vivre handicapés pour le reste de leur existence. Sans oublier les embouteillages consécutifs à ces accidents qui sont calamiteux pour la circulation et l’économie de l’île.
Les victimes de ces absences de protection contre les divagations seraient fondées à mettre en cause la responsabilité de la Région qui gère ces grandes routes en invoquant le non-respect du principe de précaution. C’est ainsi qu’au siècle dernier, la responsabilité de l’État fut invoquée suite aux chutes de pierres mortelles sur la route du Littoral.
Charles Durand
Le Brûlé – Saint-Denis
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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