Des soldats musulmans en Afghanistan

27 novembre 2006

Une des résistances rencontrées par les coalisés en Afghanistan est le fait, tout simple, de leur état d’Occidentaux et de chrétiens. Les Afghans, qui ont bouté dehors déjà les Anglais et les Russes, s’en méfient d’instinct. Et les talibans exploitent la situation (mort aux mécréants et aux impies envahisseurs !).
Pour y remédier, il faudrait que les soldats étrangers de confession musulmane en viennent à remplacer progressivement les coalisés (les soldats états-uniens et anglais se retireraient d’abord, leurs pays étant particulièrement honnis). Si les Afghans avaient affaire à des soldats marocains, indonésiens, égyptiens, tunisiens, turcs (la Turquie fait partie de l’OTAN et l’Afghanistan est en partie turcophone), les chances de succès seraient meilleures. Les talibans verraient leur sale propagande se répandre plus laborieusement, car elle viserait maintenant des coreligionnaires.
En clair, les coalisés donneraient le travail en sous-traitance, en s’inspirant un peu de ce qui se fait au Liban, où des soldats musulmans étrangers participent à une mission de paix. Tout comme ils forment, équipent et paient des soldats et des policiers afghans, les coalisés feraient de même avec des soldats étrangers musulmans. Une fois la situation stabilisée en Afghanistan, la nouvelle force d’intervention des pays musulmans pourrait être utile ailleurs.
Il serait plus facile alors à de riches pays musulmans, comme l’Arabie saoudite, de contribuer financièrement à l’opération, soulageant par ce même les pays occidentaux. Et dans ces derniers, les populations digèreraient mieux les sommes colossales dépensées si elles voyaient que les musulmans eux-mêmes avalisent la démarche, garante de succès.
On sait maintenant que cela pourrait prendre dix ans avant que les coalisés se retirent d’Afghanistan. Dix ans, voilà qui donne le temps de passer aux actes. Les pays musulmans redoutent pour eux-mêmes un régime comme celui que les talibans ont instauré et le terrorisme qui en a résulté. À eux de mettre l’épaule à la roue pour prévenir cela.

Sylvio Le Blanc


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Témoignages - 82e année


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