Droit de réponse

31 octobre 2006

Être le réalisateur concerné dans les propos portés par les représentants de la SARL Anaa production m’oblige à donner quelques précisions en complément de l’entretien publié le 19 juin dans votre quotidien, puisqu’il est « important de travailler sur la mémoire ».

« L’aventure a commencé avec la collaboration d’une connaissance vivant à La Réunion et des projets naissent autour de nom comme Alain Peters, Henri Madoré et Gilbert Pounia. Anaa Productions n’est au début que producteur, mais Monique et Michel ont dû faire appel à leurs talents de réalisateurs pour boucler les films . »

En 2000, j’ai écrit un sujet se déclinant sur trois auteurs interprètes réunionnais. Trois sujets dont le titre générique « Du créole écrit au créole chanté » faisant référence à Axel Gauvin auteur de l’ouvrage : « Du créole opprimé au créole libéré ».

L’idée maîtresse devint trois films courts : « Henri Madoré Reflet de la rue », « Alain Peters Poète pour le cœur » et un portrait de Gilbert Pounia.

Le contenu écrit traitait de la langue créole chantée par trois personnalités de la chanson réunionnaise, pendant un demi-siècle.

Après de nombreux déplacements, recherches de documents et contacts avec les protagonistes et les acteurs culturels, qui étaient d’accord avec les contenus des projets, les sujets pouvaient être enfin finalisés.

Il m’a fallu trouver des financements. J’ai fait l’ensemble des démarches tant à la Réunion qu’en France pour mener à bien mes projets. À chaque fois d’ailleurs à mes propres frais.

J’intervenais alors dans un établissement privé d’enseignement des techniques du cinéma et avais pour collègue Michel Minaud. J’évoquais avec lui mon projet pour lequel les subventions étaient pratiquement toutes obtenues.
L’opportunité devint alors aubaine pour la SARL Anaa production dont il me proposa l’aide administrative.
Après avoir fait une grande partie du travail de production, je devenais employé de cette société gérée par Monique Ninio.

« Une aventure malheureuse avec un réalisateur qui voulait imposer sa vision de l’artiste ».

J’ai filmé ce que j’avais écrit, mais inopportunément, ladite production a voulu faire autre chose avec mon travail.

Donner ma vision, mon point de vue, est un choix de réalisation. Être contesté en cela est consternant de la part d’un « professeur d’université ». (Mais de quelle université parle-t-on ?)

Le plus simple pour la production, fût de me licencier !

En me dépossédant de mon travail, Anaa production pouvait enfin donner libre cours à son amour immodéré pour la Réunion.

Moi, je suis né dans une ville portuaire avec ancien bagne et vue sur les îles.
Je ne suis pas coupable pour les geôles et n’ai pas la nostalgie des embruns.
J’ai juste un point de vue sur la dignité qui s’atrophie.

Gérard Teillay


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