Du scrabble… à l’enseignement

12 septembre 2003

Jouez-vous au scrabble ? C’est un jeu passionnant et, en plus, un auxiliaire précieux pour l’apprentissage du français. C’est ce que nous démontre, avec un certain brio, Marcel Philippe, le président de la "Ligue réunionnaise de scrabble", dans un article à la fois fort détaillé et bien argumenté, paru au "Courrier des lecteurs" de la presse locale.
En tant qu’instituteur, il sait tout naturellement faire partager sa passion à ses élèves, et grâce à lui, le scrabble a fait en quelque sorte son entrée officielle à l’école, dans l’académie de La Réunion. Les résultats obtenus, affirme-t-il, sont « excellents ». « En lecture, en orthographe lexicale, en grammaire et conjugaison, en vocabulaire, en expression orale, en production d’écrits - et même en mathématique ».
Justement, l’intérêt pédagogique de ce jeu de lettres, qui ne s’appelait pas encore le "scrabble", n’avait pas échappé au philosophe Alain. Mais il va plus loin dans sa réflexion, jusqu’à nous faire entendre clairement sa conception de l’enseignement.
Faisant fi des modes éphémères, Alain allait déjà à contretemps en bousculant certaines formes de pédagogie, en donnant par exemple - comme il disait lui-même - « un bon coup de pied dans le système d’instruire en amusant ». Dans un texte assez connu, qui ouvre la série des "Propos sur l’éducation", il oppose les points de vue de Montaigne et de Hegel en matière d’éducation, marquant ses préférences pour ce dernier.
On y trouve également cette phrase qui sonne toujours comme un avertissement d’un homme qui aura vécu successivement la guerre de 1914-18 et celle de 1939-45 dans toute leur horreur : « L’immense danger, et l’urgence toujours aussi pressante, de tirer l’humanité de la barbarie proche, commandent d’aller droit au but humain ».


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Témoignages - 82e année


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