Du viol des foules aux violences conjugales

15 septembre 2006

Notre île a supporté une époque qu’on espère révolue. Des avalanches de "
nervis, de meneuses et de pétroleuses" y ont peut-être laissé des traces.
Vous en souvenez-vous ?
Ces exaltés en crédit voulaient vous laisser la conviction qu’ils étaient
les vrais "sauveurs des nationaux". Pas moins ! Par qui au juste nos "chevaliers du bon camp" avaient-ils été adoubés ? Allez savoir ! Ils sondaient nos villes et nos campagnes pendant qu’à l’opposé les résignés avalaient cette honte dans un silence presque religieux, faute de pouvoir contrebalancer. Quand la force prime...! Rien de désuet en cela ; de nos jours encore, il est éclatant que la primauté reste à l’argent, tant il est vrai qu’on est souvent de ses intérêts avant d’être de ses idées ou de sa classe...
Mais, notre Histoire nous suit, même si parfois la mémoire oublie et les consciences pardonnent. Le recul aidant, il demeure difficile de scruter les profondeurs de notre "identité". Quoi qu’il en soit, notre insularité conserverait, elle, grosso modo, certaines formes de violence ! Aurait-elle été bloquée au stade des soumissions ? Depuis quand ? Voici que de surcroît le chômage pénalise partout, favorise le tarissement des ambitions individuelles et catalyse des conflits.
Pendant que d’aucuns deviennent occasionnellement machistes et parfois vaniteux ou envieux, sombrent quelquefois dans l’alcool ou la drogue "pou fait fan tracas", nourrissent des convoitises ou débordent de sensualité..., des familles en font les frais en bout de chaîne ! Les épouses payant habituellement le prix d’une lourde et mystérieuse " vocation" !
Il faut dire aussi que les questionnements de société restent encore insuffisants aux heures de grande écoute. L’information et la traduction de
l’intérêt général seraient-elles distillées, dosées et distribuées par des technocrates ? Pourtant l’ère de l’incuriosité entretenue est derrière nous.
Alors, les "Zoreils et créoles" qui aiment vraiment La Réunion pourraient
se charger ensemble de vivifier l’espérance restée au fond de la boîte de
Pandore. L’espérance, quand elle est là, ce dernier soutien des malheureux...
Faute d’être clairs avec nous-mêmes, tous nos psychanalystes réunis
peuvent-ils, à eux seuls, contribuer plus efficacement à la restauration ou
à la construction de la paix individuelle et sociale ? D’autres intervenants
associés leur manqueraient, peut-être ? (cf. “Confession et psychanalyse”,
André Snoeck, S.J. Desclée de Brower, 1964).
En effet, entre désarroi spirituel et malaise psychologique, ces deux compétences bien délimitées, ne seraient-elles pas utilement complémentaires à La Réunion car, pensées, images, sentiments, même les plus insignifiants en apparence, peuvent surgir. Les tensions affectives endiguées et crispées peuvent éclater et fuser, le transfert affronté sans impatience..( p. 92)
En résumé, puisse une même citoyenneté vécue en fraternité nous conduire à
la maîtrise de nos pulsions...

Joseph Mondon


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Témoignages - 82e année


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