Et voilà ! Nous l’avions prédit en 2003, lors des grandes manifestations, la marchandisation de l’éducation est en cours. Les résultats d’examen, autrefois apanage de l’administration, font désormais l’objet de négociations pour le moins curieuses avec le secteur privé. À tel point qu’à l’occasion des derniers résultats du Bac, le Rectorat de La Réunion a retardé la publication des résultats pour ne pas pénaliser les sociétés qui ont fait de ces résultats un commerce assurément lucratif.
Je trouve particulièrement scandaleux que les résultats d’examen soient commercialisés. Je trouve encore plus scandaleux que l’administration fasse désormais ouvertement le jeu des sociétés privées qui ont en charge ce commerce.
Mais puisque les examens font désormais l’objet d’un commerce, je suggère qu’on en fasse autant avec les notes des élèves qui seront désormais communiquées, par SMS et en temps réel, aux parents des élèves qui en feront le demande, dûment tarifée.
Autre niche intéressante, les emplois du temps des professeurs, qui seront distribués dorénavant par ce canal. Au demeurant, dans le but de favoriser la distribution rapide et efficiente de ces emplois du temps, il conviendra qu’ils soient désormais établis par des sociétés privées, ce qui permettra des économies substantielles de personnel au sein de l’Éducation nationale. En tout état de cause, avec la moitié des personnels en moins, pour cause de retraite intensive des papys boomers dans les années qui viennent, il sera difficile de faire autrement.
Par ailleurs, le fichier des élèves (base élèves) et le fichier des établissements (courrier électronique) étant déjà aux mains du privé depuis belle lurette, pour cause d’absence totale de sécurité de ces données, il conviendrait peut-être d’y ajouter le fichier des professeurs qui ne manquera pas d’intéresser au plus haut point les commerçants locaux.
Concernant les banques, ça marche déjà pour elles, puisque le fichier des élèves reçus au Bac, de préférence avec mention, leur est transmis depuis longtemps. Ce qui leur permet de contacter sans attendre les bacheliers d’élite afin de leur proposer de contracter un crédit pour financer leurs études. Et d’ouvrir le compte qui va avec.
Tout ceci, combiné avec la prise en charge par les collectivités locales des personnels de service pour l’instant, et des personnels administratifs dans un proche avenir, permet à Tsarkozy 1er et à son majordome Fillon, à qui on souhaite bon vent, d’envisager l’avenir avec sérénité.
L’Éducation nationale va enfin devenir rentable et dégager, après ses personnels, des excédents. Alléluia !
Guy Déridet
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