Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
11 janvier 2018, par

Quelle est la punition, la sanction, la réponse, la plus adaptée au petit (et au grand) ravageur qui dégrade, qui chaparde et qui vole ? Des générations de citoyens, d’éducateurs, de justiciers, de parents, de policiers, ont cherché. Mile solutions ont été essayées, proposées avec des résultats inégaux.
Comme toujours, être au plus près des grands équilibres de la vie, permet sans doute d’avancer. Comment faire alors ? Comment remettre ces êtres en perdition dans le droit chemin ? Comment atteindre la santé physique, mentale et morale qui permettrait à ces asociaux de se prendre en charge, avec courage et détermination ? Et, plus généralement, comment résoudre les problèmes de tous ceux qui ne sont pas bien dans leur peau, qui sont en déséquilibre, en souffrance ?
Un séjour prolongé en forêt, ou sur une ile déserte ? Pourquoi pas. À condition de remplir toutes les conditions pédagogiques et humaines pour que cela réussisse. « Débrouille-toi tout seul et survis » serait la règle, la nouvelle loi. Et, à ce moment-là, c’est sûr, une certaine prise de conscience des réalités ne manquerait pas de se produire. Ce serait l’idéal, mais un idéal difficilement praticable aujourd’hui. Il reste peut-être une autre solution : un séjour encadré chez un agriculteur dont la tâche principale est de produire de la nourriture pour ses congénères.
Observer, mesurer et participer à l’effort quotidien de celui qui pour nous nourrir, travaille la terre, sème et récolte plusieurs mois plus tard, voilà des éléments concrets, voilà une prise de conscience de certaines réalités incontournables de la vie, voilà peut-être une piste. Au-delà de la sanction, ce type de réponse au mal-être pourrait probablement résoudre bien des problèmes de comportement.
Nous sommes nombreux à avoir perdu le contact des réalités. La société de la consommation facile a fait perdre aux plus fragiles, le sens des réalités. La maladie, la mélancolie, l’obésité, l’oisiveté, la paresse physique, mentale et morale, sont les conséquences de cette démagogique et artificielle façon de vivre.
Ne l’oublions pas, l’homme est un animal marcheur. Il a derrière lui des millions d’années d’histoire qui ont façonné son métabolisme. Notre corps est celui d’un animal actif. Notre métabolisme a été longuement conçu par l’évolution pour alimenter une machine qui tourne. Sans activités, les glandes qui nous maintiennent en bonne santé, s’atrophient, et c’est la spirale infernale de la maladie, du mal-être et de toute sorte de dérives comportementales et sociétales.
François-Michel Maugis – La Réunion
Économiste, écrivain et philosophe
Nos peines
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