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26 septembre, parExtension possible du conflit au Moyen-Orient dans l’océan Indien
3 février 2010

Pour parvenir à mesurer la grandeur d’un peuple, il faut considérer ce qu’il a construit ! Et que n’a pas construit Haïti ? Sa soif de liberté fut des plus périlleuses quand des flottes de vingt mille hommes accostaient ses flancs pour rétablir un esclavage qu’elle avait dignement combattu.
Le sable, le sang, la terre, la chair des hommes, formèrent un corps immonde sous les jours terribles des cruautés humaines, des monstres politiques, des avatars géologiques.
Haïti a su s’édifier, sous son ciel éclaté, en phare du monde noir. Haïti, la distante, la nocturne, avait su vaincre le temps du vainqueur, elle avait aiguisé l’art de souffrir en assurant seule la nuit la conjuration de ses cauchemars.
Haïti, la belle, la noire, Haïti l’africaine qui su apprivoiser tant de mers démontées, quel poète ne t’aurait adorée, toi l’île veilleuse où il fait pourtant noir ?
Sans y être né, et sans l’avoir connue, chacun de nous possède en lui la gemme haïtienne qui, par poussée saisonnière, cherche à s’exprimer.
On ne pourrait comparer Haïti à aucune autre terre, elle qu’on ne parvint à vider de ses entrailles incendiaires, elle qui, au ras du sang, resta au ras du cœur, elle qui, enfoncée de mille pieux géants, resta vierge et rebelle comme une forêt de lys.
L’heure n’est pas au bilan des siècles, l’heure n’est même pas au poème.
Quand le monde se défait — car Haïti est le monde — il faut juste tout recommencer, refaire les vermineux sentiers, amasser le bois mort pour le feu impossible, s’accroupir au-dessus du cratère de l’avenir pour y puiser la force de son eau vive.
Pains d’argile, odeur tranchante de misères nues, flots d’ouragans pétrissant ces misères, et voilà que vint le grondement de la terre et son champ de saccage. Et dire que cette île rêvait de renaître plus douce et plus nubile. A chaque arpent du temps elle dansait la saccade de l’horloge, conjurait ainsi les festins de la mort.
Comment alors ne pas bénir ce peuple sans haine pour les hommes, sans haine pour les dieux, ce peuple qui, tout entier, s’entasse plus serré dans sa foi en les hommes et en les dieux.
Il n’est pas de sortilège, mais juste des manquements à l’amour.
Toi la grande ère des étoiles, toi qui fus la raison et le droit des hommes flagellés,
Toi qui nous prêtas jadis le glaive épais de la fierté humaine, Nous te rendons l’espoir et toutes les petites lampes qui balisèrent nos nuits
Pour que naissent dans tes yeux les astres de plénitude,
Et sur la vaste étendue de tes plaies inouïes, la vague haute du recommencement du tout !
Nadine Fidji
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