Di sak na pou di

Eléments de la philosophie de l’hindouisme

Radjah Veloupoulé / 15 avril 2019

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Au sein de la Bhagavad-Gita, « Le chant du Seigneur », livre phare de l’hindouisme, nous pouvons distinguer trois grands Yogas pour réaliser l’union avec le Divin :

1) Le Bhakti-Yoga, le yoga de la dévotion, qui se traduit par le culte rendu aux divinités, que l’on vénère soit au temple, soit chez soi, et par extension, au sein de la Nature, qui est une création divine, qui reflète par sa perfection, l’équilibre du monde et de l’humain. Il est notable que les déséquilibres écologiques actuels font écho au malaise ressenti par l’humanité, qui a perdu les valeurs qui permettaient de s’aligner sur l’harmonie originelle. Le divin doit être recherché d’abord à l’intérieur de soi, puis l’extérieur devient lui-même divin. L’effort devient de plus en plus important pour ne pas amener une rupture définitive entre ce que nous sommes et ce qui nous entoure. La prière permet la reconnexion au grand Tout (Pakriti).

2) Le Karma-Yoga, le yoga de l’action, qui à notre époque représente le travail, rémuneré ou non, les initiatives pour supporter les plus faibles, soutenir le Dharma, « l’ordre cosmique », et sortir de la torpeur individuelle que représente le matérialisme et la recherche constante de plaisirs, au détriment du devoir moral et collectif. L’action bonne se caractérise par la non-considération des fruits de cette action, la gratuité, et l’abandon de tous les avantages liés à l’égoïsme, à l’enrichissement, et au devenir personnel. De cette manière, le dévôt se rapproche du Pourousha (l’Etre premier). Nous pouvons voir que le monde adopte, dans sa majorité, la démarche exactement inverse, ce qui rend difficile tout karma-yoga, et au progrès collectif substitue la volonté de se placer au-dessus des autres, dans un narcissisme juvénile.

3) Le Jnana-Yoga, le yoga de la connaissance, qui s’adresse à l’intellect et au progrès vers l’Atman (l’âme) et le Brahman (le principe universel), ce qui réprésente le savoir livresque, mais aussi l’abandon de tous les vasanas (impressions mentales) issus de la vie antérieure et de l’éducation éronnée de l’enfance, la plupart du temps. Se délester des illusions de Maya (la tromperie des cinq sens) par l’étude, les austérités, la discipline, et la ferme intention de mourir en ayant progresser hors des attraits du monde, révèle une résolution de ne plus devoir s’incarner par épuisement du Karma actuel (loi de causalité qui engendre des actions aux conséquences néfastes ou gratifiantes). Ainsi, toutes les actions de la pensée, de paroles ou d’actes, fait rejaillir sur l’individu des retombées qui ne sont que l’apanage de ses choix.

Il est évident que la conjugaison de ces trois yogas dans une attitude méditative, constitue l’unité nécessaire à l’évolution individuelle, et par extension, collective, puisque la société n’est que la somme des éléments qui la compose.

POUTTANDOU VAJTOUKKEL à l’ensemble de la population Réunionnaise.

Radjah Veloupoulé