La CTAP pour régler la précarité
27 juillet, parCrise des PEC à La Réunion
21 février 2011

« Je dis aux collectivités locales, régions et départements, travaillons ensemble ». Belle déclaration du ministre du Travail, Xavier Bertrand, vendredi, au lendemain des annonces de Nicolas Sarkozy sur l’emploi. En clair : les régions et les départements seront sollicités dans les mois à venir pour soutenir les mesures gouvernementales en faveur des jeunes et des chômeurs de longue durée.
Le ministre tente d’expliquer : « L’État ne demande pas aux collectivités de faire à sa place. Si l’État met un euro, je vous demande de mettre un euro, pas plus ».
Alors là, bravo, M. le ministre. Vous gelez les dotations aux collectivités locales, vous supprimez la taxe professionnelle, vous ne payez pas les sommes dues aux régions et départements au titre de la compensation des charges décentralisées, en somme, vous étranglez les collectivités puis vous les sollicitez. Avec, comme objectif, l’idée de paraître, en fin de compte vertueux. Je vois bien le discours, dans quelques mois : « L’État a mis 500 millions d’euros… mais voyez, ces départements et ces régions de gauche, qui n’ont pas été capables d’aligner le moindre euro ».
Bien évidemment, vous allez attendre le 3ème trimestre 2011 pour tenter de jeter le discrédit sur les collectivités locales... Juste ce qu’il faut avant 2012 dans l’objectif d’assurer la réélection de votre chef !
Mais que croyez-vous que représentent 500 millions d’euros supplémentaires pour ces millions de jeunes et de chômeurs de longue durée ? La moitié de cette somme devrait ainsi servir à financer 50.000 nouveaux contrats dits aidés, qui s’ajouteraient aux 390.000 déjà programmés dans le budget 2011.
Qu’est-ce que c’est, 500 millions d’euros, quand votre gouvernement doit 300 millions au Conseil général de La Réunion…
Comment osez-vous dire aux exécutifs départementaux : « Cela ne vous coûtera pas un centime de plus » ?
Maintenant, nous attendons ce que votre poulain à la Région Réunion sera capable de faire. Il semble que vous ayez mis la barre très haut (trop haute pour lui…) : vous lui demander d’« avancer la signature des futurs contrats d’objectifs et de moyens pour l’apprentissage prévue pour juin ». Trouver des apprentis, cela ne pose pas, a priori, de problèmes. Mais des maîtres d’apprentissage, c’est-à-dire des sociétés, alors que l’économie réunionnaise connaît une crise sans précédent ? Et même pour les régions, comment voulez-vous qu’elles trouvent les finances nécessaires pour boucler ce budget, alors que vous leur avez fermé toute marge de manœuvre ?
Cet appel aux collectivités locales n’est qu’une basse manœuvre, une tactique écœurante, qui ne masquera jamais l’incapacité de votre gouvernement et de votre président à faire face à une situation économique et sociale désastreuse.
Kora Ly Payet
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